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Mars 2011

publié le 30 oct. 2009 00:37 par ABT 2011.com   [ mis à jour le·3 mars 2010 15:24 ]

ABT, L’apatride de Lomé… | Editorial de Arimi Choubade


Un nouveau pensionnaire du gigantesque procès en apatridie. Cette fois-ci les « patriotes » ont frappé fort en mettant le grappin sur rien moins que le président de la Banque ouest africaine de développement pris en flagrant délit de conspiration contre le régime du Changement. Son crime : avoir refusé de venir applaudir le grand discours sur le développement du docteur-président à l’occasion du lancement de la route Djougou-Ouaké le 19 octobre 2009. Alors qu’il disposait de 12 heures de temps pour rallier Lomé au Nord Bénin, près de 800 km après avoir reçu un fax du très propagandiste ministre du Transport, Nicaise Fagnon l’invitant, la veille de l’événement. Après tout, on ne lui demandait (à Bio Tchané) rien de bien particulier que de venir assister au déploiement de faste de la ferveur « cauris ». Quelque chose dont il avait eu l’avant-goût à l’occasion du forum sur Soaga à Cotonou où des militants exaltés ont assuré l’animation malgré la présence d’hôtes aussi prestigieux que Abdou Diouf (Francophonie), Soumaïla Cissé (Uemoa) ou Takouri-Tablé (Bceoa). On pouvait compter sur l’inventeur du « plus jamais çà » à Dassa-Zounmé pour en faire voir de toutes les couleurs à Abt si l’envie lui venait de se rendre à Ouaké.

En tout cas, le juge de l’apatridie n’aura pas trop de mal à réunir de sérieuses charges contre le président de la Boad. 12 heures suffisent pour mettre toute l’organisation sous régionale en branle. N’est-ce pas du plus doué des chefs d’Etats membres qu’il s’agit. Celui qui voulait atteindre une croissance à deux chiffres pour son seul Bénin dans un environnement de l’intégration où le taux moyen avoisine les 5%. Qui parle d’émergence alors que son pays importe jusqu’aux bûchettes d’allumettes et aux lames de rasoir. Qui veut révolutionner son agriculture sur un territoire d’à peine 112.600 Km2 à côté de pays-continent comme le Nigeria. Celui-là doit pouvoir s’offrir n’importe lequel des dirigeants d’institution sous régionale dès qu’il en a envie, à n’importe quel moment à plus forte raison lorsque l’intéressé à ses origines sur le territoire du quartier latin de l’Afrique donc son sujet par définition.

Le président Yayi Boni à Ouaké au lancement de la Route Djougou-Ouaké-Frontière du Togo

Du procès en apatridie. Ou plutôt des juges de l’apatridie, « patriotes » autoproclamés. L’image qui revient dans les esprits des Béninois, c’est celle de cet ancien bagnard dont la rhétorique est essentiellement basée sur la grandiloquence, l’injure facile. Ce que lui-même dit de son cursus patriotique se passe de commentaire. Ses aveux télévisés reviennent pudiquement sur les réseaux de vampirisation du poumon de l’économie nationale, le port de Cotonou dont il fut l’un des principaux animateurs sous le régime Kérékou. Je me demande si je fais bien de conjuguer cette lugubre épopée au passé puisqu’il écume encore à l’heure du Changement tous les réceptacles de l’argent issu du gigantesque rapt des deniers publics enclenché par les émergents à partir d’avril 2006. Autrement dit, c’est un repenti qui se charge d’apprécier le degré de patriotisme d’un ancien argentier national. Pendant qu’il était ministre des Finances, Bio Tchané avait largement l’opportunité de faire couler tout le Bénin si tant est qu’il est réellement à la merci d’une puissance ennemie.

Si on admet donc que ce n’est pas sur le passé que s’articulent, les tendances anti-patriotiques de ABT, on suppose alors qu’il a attrapé le virus dans la maison Boad. Qui mieux que le docteur-président pour expliquer comment devient-on apatride à partir de la banque sous régionale, lui qui y a fait deux mandats ? Suffit-il de nourrir des ambitions présidentielles en tant que président de la Boad pour être accusé de comploter contre son pays ? Être constamment présent sur tous les lancements de travaux, les inaugurations d’ouvrages, les signatures d’accords de prêts financés par la banque sont-ils caractéristiques de l’apatridie ?

Questions à Yayi ou à ABT ?

Arimi Choubadé

Rédigé le vendredi 30 octobre 2009