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Mars 2011

Nos Articles

Ce site a été créé par une Équipe de Jeunes intellectuels béninois pour susciter la candidature de Abdoulaye Bio Tchané, seul selon nous, capable de relever les défis du développement du Bénin.
 
Retrouvez dans cette rubrique, nos articles, réactions. Vous pouvez aussi nous envoyer vos articles pour publication. Ecrivez nous :

La Coalition ABT 2011 fait le buzz !

publié le 9 mars 2010 04:21 par ABT 2011.com   [ mis à jour le·9 mars 2010 06:58 ]

Le début du mois de mars 2010, soit 1 an avant les élections de 2011 sera indéniablement marqué dans l'histoire politique de la République du Bénin, par la naissance de la Coalition ABT 2011. Il s'agit d'un événement qui a été salué par toute la presse. Voici quelques une des articles couvrant la naissance de cette coalition, appelant et suscitant la candidature de l'ancien Directeur Afrique du FMI : Abdoulaye Bio Tchané (ABT).



M. Raymond Sossa - président du présidium de la coalition ABT-2011

[Vidéo]

Déclaration politique de la coalition ABT 2011 par Mme Amina TAIROU

 

Message du Président Idji Kolawolé : Coordonateur de l’Union fait la Nation (UN)

[Objectifs de la Coalition ABT 2011]

Les objectifs que vise la Coalition ABT -2011 sont : 

1- Promouvoir la démocratie et l’Etat de droit conformément à la Constitution du 11 décembre 1990 ;

2- Proposer une alternative crédible au Peuple ;

3- Susciter et soutenir la candidature de Mr Abdoulaye BIO TCHANE pour les élections présidentielles de 2011 ;

4- Gouverner autrement sur la base d’un projet de société et d’un programme de Gouvernement clair précis, réaliste mais ambitieux et dont l’impact est mesurable quant au développement du pays ainsi qu’à la vie matérielle et morale du citoyen. La Coalition ABT -2011 reste ouverte. Elle lance un vibrant appel à toutes Organisations (Partis politiques, Mouvements, Associations) et Personnalités à se joindre à elle pour la réalisation des nobles objectifs ci- dessus.

Elle est déterminée à conjuguer ses efforts avec toutes structures et bonnes volontés pour la réalisation effective d’une alternance crédible en 2011.

Vive la Coalition ABT -2011 ;
Vive la Démocratie;
Vive le BENIN.

Fait à COTONOU le 06 Mars 2010 | La Coalition ABT-2011


[Le Matinal]

Course à la Marina : La coalition ABT 2011 enfin prête


La Coalition Abdoulaye Bio Tchané 2011 (Coalition Abt-2011) a été finalement portée sur les fonts baptismaux, ce 06 février 2010 au Centre international des conférences qui était très exigüe pour contenir les militants. C’était à travers un congrès constitutif qui a enregistré la présence des chefs de mouvements et partis politiques. Unanimement, ils ont conclu à l’échec du régime du Changement et se disent prêts à « changer le Changement ».

Lire la suite : http://www.actubenin.com/?Course-a-la-Marina-La-coalition,19973

 


[La Nouvelle Tribune]

Sortie officielle de la Coalition ABT  | Un an pour faire de Bio Tchané le prochain président du Bénin


La coalition Abt a enfin été portée sur les fonts baptismaux samedi dernier au centre international de conférences de Cotonou. Son objectif principal, porter au sommet de l’Etat béninois, Abdoulaye Bio Tchané, afin qu’il restaure au Bénin la démocratie et que le développement prenne son envol.
Lire la suitehttp://www.lanouvelletribune.info/201003085326/une/sortie-officielle-de-la-coalition-abt.html



[La Presse du Jour]

Sortie officielle de la Coalition ABT-2011 : Bio Tchané est une alternative pour changer le changement


La Coalition des partis, mouvements, associations et personnalités suscitant et soutenant la candidature de M. Abdoulaye Bio Tchané pour la Présidentielle de 2011 a fait sa sortie officielle le samedi 6 mars 2010. Faisant le constat d’échec du pourvoir installé en mars 2006, elle a décidé de changer le changement en 2011 en portant M. Abdoulaye Bio Tchané au pouvoir.

Lire la suitehttp://www.lapressedujour.net/?p=4460



[Le Béninois Libéré]

Première sortie officielle de la coalition ABT -2011 : Test réussi pour Bio Tchané et les siens


(La candidature se précise) Samedi dernier ceux qui doutaient encore de l’éventualité ou même de l’opportunité de la candidature d’Abdoulaye Bio Tchané ont dû se résoudre à l’évidence. Bio Tchané sera bel et bien candidat en 2011, il ne pourra en être autrement au regard du monde qui a effectué le déplacement du Centre International des conférences de Cotonou. Plus d’un millier, personne ne pourra véritablement dire le nombre exact, toujours est-il que les 750 places de la salle rouge du centre international de conférence de cotonou, ont largement été comblées, voire dépassées.

Lire la suitehttp://akkilouy.over-blog.com/article-premiere-sortie-officielle-de-la-coalition-abt--2011-test-reussi-pour-bio-tchane-et-les-siens-46260455.html

 


[L'Option Info]

Sortie de la coalition des partisans d'ABT : Un échec cuisant

(NDLR : seul son de cloche différent et on se demande pourquoi !)


Echec cuisant. C'est ainsi qu'il faut qualifier l'apparition de la coalition des forces politiques soutenant la candidature d'Abdoulaye Bio Tchané (ABT), samedi dernier. Les Béninois sont restés sur leur faim jusqu'à la clôture des travaux. Rien de concret n'a filtré des assises du Cic. On a compris, et c'était déjà prévisible, que l'occasion était propice pour faire à nouveau le procès du régime en place, lui porter toutes les croix et montrer à l'opinion publique nationale et internationale qu'il est responsable de tous les maux qui sapent la République.

Lire la suite : http://www.sonangnon.net/newsonangnon/index.php?option=com_content&task=view&id=7535&Itemid=55

 


[Le Pays Emergent]

Perspective de la Présidentielle au Bénin : Abdoulaye Bio Tchané désigné candidat de la Coalition ABT-2011


Cette investiture n’avait rien de surprenant. Bien qu’absent à cette investiture, il l’a accepté.
Pour la coalition ABT-2011 Abdoulaye Bio Tchané est un porteur des valeurs de paix et de prospérité pour le Bénin.

Le président de la Boad, Abdoulaye Bio Tchané peut désormais compter sur la coalition Abt-2011, regroupée dans des organisations de la société civile, pour son accession à la magistrature suprême. Et pour cause, des jeunes, et militants membres de ce regroupement l’ont investi samedi dernier, comme leur candidat au cours d’une grande rencontre au centre international des conférences. Pour cette coalition, plus besoin de se chercher ailleurs après des temps perdus pour rien.

Lire la suitehttp://lepaysemergent.com/2010/03/08/perspective-de-la-presidentielle-au-benin-abdoulaye-bio-tchane-designe-candidat-de-la-coalitionabt-2011/

 

 


[Le Grand Journal]

ABT : Une autre machine en marche contre Yayi

Toutes les tendances se dessinent pour une élection présidentielle époustouflante. Avec sa sortie officielle le samedi dernier au Centre international de conférence (CIC) de Cotonou, la coalition Abdoulaye Bio Tchané (ABT) vient d’annoncer les couleurs d’une opposition résolument engagée pour mettre fin aux razzias du Changement. Les discours et allocutions des diverses personnalités politico-administratives présentes à cette cérémonie en témoignent.

Lire la suitehttp://www.grandjournal.info/spip.php?article1580

 


[L'événement Précis]

Rassemblement des partisans de Abdoulaye Bio Tchané: La Coalition ABT fait une Démonstration de force


Les forces politiques soutenant la candidature de Abdoulaye Bio Tchané à l’élection présidentielle de 2011 se sont rencontrées le samedi 06 mars 2010 au Centre international de conférence de Cotonou, pour créer la Coalition ABT 2011. Une salle archicomble ! Une ambiance folle ! peinture en noire du régime de Boni Yayi ! Les hostilités sont lancées avec le camp mais les liens se resserrent avec l’Union fait la Nation de l’opposition. Il sonnait environ 10 heures au Cic de Cotonou. L’ambiance et le décor sur l’esplanade prédisaient un événement capital. Il n’y a avait point d’étendard aux couleurs nationales qui flottaient pour annoncer une manifestation d’ordre public.


Lire la suitehttp://levenementprecis.com/index.php/2010/03/08/rassemblement-des-partisans-de-abdoulaye-bio-tchane-la-coalition-abt-fait-une-demonstration-de-force/

 


[Le Matin]

La Coalition ABT 2011 défie le pouvoir

La machine à remporter la présidentielle de 2011 a été mise en marche samedi dernier au Centre international de conférences à Cotonou lors d’une messe politique qui a réuni les partisans et sympathisants du président de la Boad M. Abdoulaye Bio Tchané. Députés à l’Assemblée nationale, anciens ministres, chefs et leaders de partis politiques, représentants d’associations et de mouvements divers, hommes, femmes et citoyens et autres personnalités œuvrant pour l’alternance au sommet de l’Etat ont massivement fait le déplacement du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest pour soutenir cette premier grand rassemblement de la coalition Abt 2011.

Lire la suitehttp://www.quotidienlematin.com/index.php?option=com_content&view=article&id=741:actualite-politique-nationale-la-coalition-abt-2011-defie-le-pouvoir&catid=2:politique&Itemid=4




[Le Canard de la semaine]

Première sortie politique de la Coalition ABT 2011 : Coup d’essai, coup de maître

Les disciples de Saint Thomas doivent désormais troquer leur foi contre celles des autres qui ont cru sans avoir vu. Les portes du scepticisme sont irréversiblement fermées. Abdoulaye Bio Tchané, sera candidat (question de temps et de providence), et le candidat de la Coalition ABT 2011 qui œuvre depuis pour que ce suspense dans lequel le peuple béninois a vécu soit levé et dissipé. Les Latinistes diraient alea jacta est. La grande messe du samedi 06 mars a permis à chacun de se faire désormais une opinion. Une candidature -en attendant l’officialisation selon les dispositions du code électoral- qui vient non seulement donner un autre visage au paysage politique mais annoncer fortement les couleurs du challenge qui attend le peuple béninois dans moins de 12 mois.

Lire la suitehttp://www.lecanarddelasemaine.info/?Premiere-sortie-politique-de-la

Message de Abdoulaye BIO TCHANE (ABT), Président de la Banque Ouest Africaine de Développement, aux femmes, à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme

publié le 9 mars 2010 01:13 par ABT 2011.com

Mes chères Amies, mes chères Sœurs, mes chères Mamans,


La célébration de la journée internationale de la femme nous offre l’occasion de penser au rôle  crucial que vous jouez  pour le développement de notre pays. En ce jour  solennel, je voudrais avoir une pensée particulière pour toutes celles parmi vous, qui au prix de nombreux sacrifices et parfois de souffrances ont contribué à l’émancipation de notre pays.

Je tiens à vous féliciter, vous les femmes béninoises pour toute l’abnégation et le courage que vous ne cessez de manifester à chaque instant de votre vie,  dans nos villes comme dans nos campagnes.

 Je voudrais également avoir une pensée pour toutes celles d’entre vous qui souffrent dans leur chair et dans leur âme et pour toutes celles aussi qui perdent la vie en voulant en  donner.

En ce jour de fête dédié à la femme, il me semble comme une évidence que nous devons nous engager à ne plus admettre les tragiques incidents dont vous êtes victimes au foyer, dans votre lieu de travail et dans la rue. Vous ne devez plus faire l’objet  de discriminations dans les domaines de l’emploi, de la formation, des responsabilités, et des revenus.

Notre culture traditionnelle appelle au respect de la femme. La femme est sacrée, parce qu’elle donne la vie et il n’y a pas d’avenir pour l’homme sans la femme. C’est avec vous que nous devons construire une société juste, équitable et digne pour nos enfants et pour toutes les générations à venir.

Je voudrais saisir l’occasion de cette journée pour inviter, nous les hommes, à renouveler notre amour et notre soutien à nos partenaires, et qui sont aussi nos mères, nos épouses, nos sœurs, nos filles et nos amies et à faire en sorte qu’elles prennent toute leur place dans notre communauté.

La célébration de cette journée est aussi un moment de réfléchir ensemble sur les actions et les politiques qui rendront aux femmes béninoises leur autonomie pour une meilleure contribution dans la construction d’un pays plus fort matériellement et moralement.

C’est dans cet esprit que je souhaite à vous toutes, une très bonne fête.

 

Abdoulaye BIO TCHANE

Publié le 08 mars 2010

ABT et la course aux Présidentielles de 2011 : c'est ainsi que tout a commencé !

publié le 4 févr. 2010 23:11 par ABT 2011.com   [ mis à jour le·5 févr. 2010 06:37 ]

C'était le 05 février 2009, il y a déjà 1 an. Au cours d'une visite que ABT a rendu aux élèves du CEG I de Djougou, il levait pour la première fois en public un coin du voile sur ses intentions de répondre à l'appel du peuple et de se présenter aux élections présidentielles du Bénin en 2011.

La suite, vous la connaissez :

Une année pour ainsi dire, assez remplie pour un ABT, qui mène courageusement de front, son activité principale à la Présidence de la BOAD, malgré les peaux de banane sur sa route et son engagement pour son pays. Car le Bénin mérite mieux après-tout !

Nous vous proposons de revenir sur l'article du Matinal de février 2009 qui couvrait cette sortie de ABT, lors de ses vacances dans sa ville natale.

 

L'équipe ABT2011.com



Présidentielles de 2011 : Bio Tchané annonce sa candidature 

Interrogé dans un collège d’enseignement général de Djougou au sujet de sa probable candidature aux prochaines élections présidentielles, Abdoulaye Bio Tchané n’a pas fait la langue de bois. Il est prêt à affronter, Yayi Boni en 2011.

Fini le suspense depuis hier dans l’arène politique béninoise. Abdoulaye Bio Tchané est partant pour les élections présidentielles de 2011. Longtemps entretenue entre rumeurs et mystère, la candidature de l’actuel président de la Banque ouest africaine de développement se fait un peu plus précise. Sinon que, c’est d’une confirmation qu’il s’agit désormais. Bio Tchané sera bel et bien dans la course. 

Curieux cet élève du Collège d’enseignement général I de Djougou qui n’a pas tremblé avant de lui poser la question. 

- " Seriez-vous candidat aux élections présidentielles de 2011 comme les rumeurs l’annoncent ? " Lui a-t-il lancé lors d’une tournée qu’il l’a conduite dans les trois collèges de la ville. 

- " Et vous ne seriez-vous pas contents qu’un fils de Djougou devienne président de la République.. ?", a-t-il rétorqué. 

Il s’en est suivi un oui de la foule, et puis, des clameurs et une longue ovation des élèves de cet établissement. Ils ont accueilli avec grand enthousiasme les propos on ne peut plus affirmatifs du président de la Boad. S’il était élu dans deux ans en remplacement de Yayi Boni, l’histoire retiendra que c’est au Collège d’enseignement général I de Djougou que Aboudoulaye Bio Tchané a affirmé publiquement qu’il est candidat aux élections présidentielles de 2011 au Bénin. 

Déjà de grosses frayeurs se lisent sur les visages des inconditionnels de l’actuel locataire de la Marina. La menace que craignaient les gens de la mouvance présidentielle est plus que persistante et lourde. Bio Tchané n’est pas n’importe quel candidat. Yayi Boni le sait. Il sait que quelque chose de mauvais sent désormais dans le Septentrion et principalement dans la Donga qui a pendant longtemps souhaité que son fils montre ses capacités à briguer la Magistrature suprême. Si jusque-là aucune candidature habituelle n’a encore fait frémir le camp de Yayi Boni, celle de Bio Tchané donne du tournis à l’équipe en place. L’ancien ministre de Mathieu Kérékou, ancien directeur Afrique du Fond monétaire international est présenté dans tous les milieux comme la véritable bête noire de son prédécesseur à la Boad. Car, l’histoire peut se répéter. C’est-à-dire que l’actuel patron de cette Institution pourrait se servir du même ascenseur qui a propulsé Yayi Boni à la Marina pour s’emparer du fauteuil de ce dernier. Rien n’est encore sûr. Mais entre la Boad à Lomé et la Marina à Cotonou, il n’y a que le même destin, c’est le même chemin, si les Béninois le désirent, comme ils ont réussi à élire Yayi Boni. 

Bientôt trois ans qu’il est pouvoir et les espoirs que le peuple a placé en lui sont loin d’être relevés. Beaucoup ont du déchanter sur plusieurs plans, tels que la lutte contre la corruption et l’impunité, la lutte contre le chômage, le relèvement du panier de la ménagère, la lutte contre la pauvreté vue comme du leurre allusion faite aux micro crédits aux plus pauvres, le respect de la séparation des pouvoirs, le respect de la Constitution et des autres textes de la Républque, le respect des accords politiques. Il a réussi à fabriquer beaucoup de mécontents parmi lesquels l’ancien président de la République Nicéphore Soglo, Bruno Amoussou, l’ancien ministre de la santé Kessilé Tchalla, Séfou Fagbohoun pour ne citer que ceux et sans oublier Mathieu Kérékou dont on connaît les liens avec Bio Tchané. Le chef de l’Etat béninois craignait que tout ce beau monde se rapproche de son frère banquier qui lui succède à la Boad. Ce qui est fait déjà. 

Attention à cette candidature.


Fidèle Nanga 

Publié initialement par Le Matinal, le 06 février 2009 : http://www.actubenin.com/spip.php?article14960

ABT : 1972 à 1979

publié le 20 janv. 2010 14:21 par ABT 2011.com   [ mis à jour le·21 janv. 2010 12:43 ]

ABT se dévoile : « Le plein emploi, la justice sociale, et la lutte pour un

environnement sain sont des exemples d'idéaux que j'ai toujours partagés »

Nous avons entrepris voici déjà quelques semaines de vous faire découvrir Abdoulaye Bio Tchané (ABT), sa personne, son vécu, ses ressentis. Nous sommes en effet conscients que plus on connaitra l'homme, plus on pourra comprendre ses valeurs, ses choix, sa façon de voir les choses. Nous avons alors découvert un homme très ouvert, qui a accepté de jouer le jeu.

Nous vous proposons dans le cadre de cet entretien, de passer en revue cette tranche de vie, entre la fin du secondaire et l'insertion professionnelle, où les fondations de la vie d'un individu se dessinent, se fortifient. Oui, avant d'être ce qu'il est aujourd'hui, ABT a aussi été un étudiant; il a aussi connu cette période de choix, de luttes, de doutes pour se faire une place dans la vie active. Par dessus tout, il a accepté de nous en parler.

Equipe ABT2011.com : Bonjour ABT, nous vous remercions encore une fois, d'accepter de nous recevoir, pour cet exercice pas si simple qu'est celui de parler de soi.

Mais avant tout, comment ont été ces périodes de fêtes de fin d'année pour Abdoulaye Bio Tchané ?

ABT : C'est moi qui vous remercie pour l'intérêt que vous me portez... C'est vrai que ce n'est pas si simple de parler de soi. Pour la petite histoire, mes enfants ont découvert  dans cet interview, certains aspects de ma vie qu'ils ne connaissaient pas et nous en avons beaucoup rigolé. (Sourires).

J'ai fêté essentiellement ici même à Lomé, en famille. C'était plutôt convivial et ressourçant. Et puisque vous ne me souhaitez pas la "Bonne Année", moi je présente à toute l'équipe et à vos proches ainsi qu'à tous les internautes, mes Meilleurs Vœux pour la Nouvelle Année 2010.  (Sourires).


Sacrée jeunesse nous direz vous ! Nous en sommes tout confus M. Bio Tchané. Au risque de ne pas paraître pourvus des bonnes manières, nous vous souhaitons donc en retour, pour vous et vos proches nos  vœux, les meilleurs pour les défis de l'année 2010, ainsi que toutes celles qui lui succèderont.

ABT : Je vous remercie pour vos vœux originaux. J'ai cru un instant que la jeunesse avait perdu les notions de civilités. (Rires) . Maintenant je suppose que vous n'êtes pas ici pour mes beaux yeux...(Rires)

 

En effet, pour résumer un peu notre premier entretien, nous avons retenu que vous avez essentiellement passé votre enfance à Djougou, où vous avez eu votre CEP et à Porto-Novo au Lycée Béhanzin où vous avez décroché en 1972 votre Bac C.

ABT : Oui, c'est vrai que j'ai essentiellement vécu à Djougou et à Porto-Novo dans le cadre de mes études primaires et secondaires comme vous le soulignez. Cela dit,  j'ai bien connu beaucoup d'autres villes et villages du Bénin ! Je citerai pêle-mêle :

  • Savalou où j'ai passé des jours de vacances chez une de mes tantes paternelles qui y habitait avec son époux, M. Thomas. 
  • Kétou où mon père était en poste quand j'ai commencé la 6ème, m'accueillait aussi souvent. 
  • Dassa-Zoumé où mon père a été en fonction pendant plusieurs années. 
  • Cotonou qui marquait mon passage obligé entre Porto-Novo et les autres villes, et où je passais certaines de mes vacances de Noël ou de Pâques. 
  • Birni où je rendais visite à un ami de lycée.
  • Tanguiéta où mon père a aussi été en fonction.
  • Sans compter les nombreuses autres villes que j'ai visitées pour voir des amis ou parents ou pour accompagner ma "première" Maman qui était commerçante résidente à Djougou, mais itinérante dans tout l'Atacora. J'ai ainsi connu avec elle, AthiéméDogboKouandé, Boukoumbé, MantaPobèSakétéAbomeyBohicon et Covè.

Une ville que je n'oublierai jamais est Toucountouna dans l'Atacora. J'avais accompagné mon père pour rendre visite au Prêtre de l'église à cette époque. Je devais être en 5ème ou en 4ème et venais d'assister à mon premier échange sur la philosophie entre deux adultes qui avaient deux conceptions différentes de la vie, qui pratiquaient deux religions différentes mais qui se voyaient souvent pour échanger sur ce qu'ils pouvaient faire ensemble pour les populations. Cela m'a été, et m'est encore utile dans ma vie d'adulte. 

 
Merci ABT pour la précision. Dans notre entretien précédent, nous nous étions arrêté à l'année 1972 où vous avez réussi votre Baccalauréat. Vous êtes ensuite parti pour la France. Pouvez-vous nous parler de vos études en France ?

ABT : Après mon Bac C et au vu de mes performances en terminale, j'ai bénéficié d'une bourse nationale pour étudier en France. J'ai donc atterri à Paris, un matin de la fin septembre 1972. A la base, j'étais parti pour une école préparatoire en vue d'entrer dans une école de commerce. Mais vu le retard pris à Cotonou, je suis arrivé en France trois semaines après la rentrée scolaire dans les classes préparatoires, ma conseillère pédagogique de l'Office de Coopération et d'Accueil Universitaire - l'OCAU comme on l'appelait - avait estimé qu'il était trop tard. Elle m'a ainsi proposé d'aller plutôt en Sciences  Economiques. C'est ainsi que j'ai fait les sciences économiques, sans l'avoir forcément choisi. Elle m'a proposé plusieurs villes dont Lille et Montpellier, mais j'ai choisi d'aller à Dijon qui n'était pas sur sa liste, car un de mes amis venait de s'y inscrire en Sciences éco également.

A mon arrivée en France, j'étais surpris de ne pas être dépaysé; Paris me donnait en effet, l'air d'une ville que je connaissais. J'ai mis cela sur le compte des nombreux films français que j'avais vus pendant mes sept ans au Lycée Béhanzin. Du reste, je me suis tout de suite adapté à la vie de Dijon avec l'aide d'une bande de copains qui venaient d'arriver également. Voyez-vous, quand vous partagez les mêmes préoccupations, c'est parfois plus simple. Mais je dois aussi reconnaitre l'aide d'un de nos aînés, M. Amoussa, qui était aussi l'oncle d'un de mes amis. Il était de la même faculté et moi j'habitais dans la même résidence que lui.   

Cependant, ce serait honnête de dire que tout n'a pas toujours été facile. Je me souviens de mon premier hiver ! Une dure expérience. Je dormais des heures pour ne pas me retrouver dans le froid. Une fois je suis resté au lit 24 h pendant le week-end (sourire). A part ça, je n'ai pas vraiment connu un choc de cultures. Non, vraiment pas, parce que Dijon était une ville universitaire où les gens étaient habitués à voir des étudiants de toutes origines, et donc des "noirs". Je n'ai eu à déplorer aucun acte de racisme. J'étais assez souvent nostalgique du pays, mais j'avais assez pris mes dispositions pour m'adapter. Et puis, heureusement, il y avait une bonne communauté de Béninois et d'Africains. Quelques uns sont restés des amis aujourd'hui encore, au Bénin et au Burkina.

Nous n'étions pas que des étudiants studieux (sourire). On s'organisait des parties de football. Les camarades étudiants me trouvaient assez bon au football à l'époque.  On organisait aussi en semaine des soirées de belote chez certains camarades sur le campus ou à l'extérieur. Il y avait les après-midi passés dans ma librairie préférée du boulevard Gabriel.  Il y avait aussi pendant les weekends les soirées sur le campus ou dans une boîte de nuit de la banlieue dijonnaise que fréquentaient les étudiants. En fait, j'ai gardé plein d'anecdotes sur les plaisanteries entre camarades.

La meilleure c'est l'histoire d'un café que j'ai dû payer pendant un an à un de mes amis (Badirou) parce que, pris de sommeil dans un épais brouillard, je n'avais pas pu les conduire en voiture de Genève à Dijon (rires). Je dois dire qu'avant le départ, j'avais eu droit à l'une des deux tasses de café que nous pouvions nous offrir, étant le chauffeur désigné.

J'aimais aussi voyager. J'ai pu ainsi visiter,  en dehors des villes françaises, Genève, Lausane, Turin et Milan. C'était une façon de passer mes vacances, car en 4 ans,  je ne suis revenu en vacances au Bénin que deux fois. Je crois qu'à l'époque, j'avais encore une moustache (sourire). Mon fils cadet me taquine d'ailleurs parfois sur ma coiffure et mes tenues de l'époque en regardant les photos.


ABT, vous avez dit à l'instant que vous étiez boursier. Votre bourse était-elle suffisante pour une vie d'étudiant étranger? Comment gériez-vous les fonds ? 

ABT : Je dois avouer que c'était l'apprentissage de la gestion de la rareté. Le montant de la bourse était juste ce qu'il fallait. En fait je me rappelle que les étudiants béninois avaient la bourse la moins élevée de tous les étudiants africains. Et pour ne rien arranger, ces bourses étaient des plus irrégulières. La première année, nous avions parfois attendu jusqu'à six mois avant de percevoir nos bourses. Comme beaucoup d'autres camarades, je me suis ajusté assez vite en trouvant des emplois à temps partiel qui m'assuraient le minimum en attendant le versement de cette bourse. Cet épisode m'a inspiré durant mon passage à la tête du ministère des finances. Je me suis personnellement assuré que les bourses des étudiants soient payées à temps, et même en avance. Pour des raisons identiques, la même attention était accordée à la mise en place des budgets de fonctionnement des représentations diplomatiques, afin que les fonctionnaires expatriés et les diplomates soient payés à temps.

A part ces petits problèmes matériels, je crois que sur le plan académique, j'ai été plutôt, sans prétention aucune, un bon étudiant, suffisamment studieux, mais me réservant du temps pour d'autres activités. J'ai vraiment apprécié mes années à l'université de Dijon.

En 1976, lorsque j'ai obtenu ma maîtrise en Sciences Eco, j'ai été assez fier de moi, mais plus encore des appréciations de mes principaux professeurs.

Il y a quelques années, j'ai reçu à Washington, la visite d'un de nos professeurs de l'époque M. Schmidt. Je peux vous dire c'était agréable de revenir à ces années d'études. 

 

Pourquoi aviez-vous décidé de rentrer au pays en 1976, sachant que la révolution n'était pas vraiment tendre avec les intellectuels éclairés et les esprits libres comme vous?

ABT : D'entrée,  je n'avais pas de crainte particulière quant à la révolution même si les choses avaient évolué depuis 1972. En fait, le retour aux bercailles était la condition pour que je poursuive mon troisième cycle universitaire qui m'intéressait au plus haut point, et pour lequel mes professeurs m'encourageaient. 

Mais avant, il  fallait passer par la case "service militaire" en revenant au pays.


Justement, comment se fait-il qu'ayant eu le BAC en 1972, vous aviez pu échapper au service militaire jusqu'en 1976?

ABT : Je n'ai pas bénéficié d'un passe-droit comme votre question le laisse suggérer. En fait tous les étudiants à l'étranger pouvaient attendre la fin de la maîtrise pour effectuer leur service militaire. C'est ce dont je me suis prévalu.

 

Dans le cadre de votre service militaire vous avez passé quelques semaines de formation au camp militaire de Ouidah, quels souvenirs gardez vous de cette ville historique? 

ABT : Je garde beaucoup de souvenirs du service militaire, mais malheureusement très peu de la ville de Ouidah, car nous ne nous y rendions que rarement. Je ne l'ai, pour ainsi dire, pas visitée pendant cette période, car le service militaire en trois mois donnait l'impression d'une année scolaire entière condensée en trois mois. On n'avait vraiment pas le temps et souvent pas l'autorisation de sortir.

Mais pendant la formation commune de base, j'ai connu beaucoup de camarades même si c'était trop bref pour avoir des amis véritables. Je me souviens d'ailleurs que j'ai retrouvé au camp de Ouidah comme encadreurs deux sous-lieutenants qui avaient fréquenté le Lycée Béhanzin en même temps que moi. En dépit de cela, j'ai quand même dû me soumettre à l' "ordinaire" comme on appelait les repas à la formation commune de base.


Quelles anecdotes pouvez-vous nous raconter sur cette formation militaire souvent difficile pour les jeunes étudiants?

ABT : Les trois mois du service militaire, quoique rudes, sont vite passés. J'ai quand même gardé quelques souvenirs, dont les longues marches nocturnes et la marche fourragère. Je n'ai jamais fait le parcours du combattant car j'étais, un bon et valeureux soldat, assez discipliné pour l'éviter comme punition (sourire). Mais ce qui me marquera sans doute pour toujours, ce sont les épreuves de tir. J'en ai gardé une belle cicatrice sur le visage (rires). 

Quoi d'autre ? il n'y avait pas de bizutage car les promotions militaires ne  se croisaient même pas.

 

1977 : l'année de l'agression du Bénin par Bob Denard et ses mercenaires. Ce dimanche 16 janvier 1977, où étiez-vous ?

ABT : A Ouidah, bien sûr ! Comment oublier ce jour où nous avions vécu des instants difficiles dans l'histoire de la jeune Nation béninoise ?

Nous avons appris la nouvelle par nos formateurs, car tout de suite nous avions été rassemblés au camp. Nous étions tous partagés entre la révolte contre ce qui arrivait à notre pays envahi par des mercenaires et  l'inquiétude d'être envoyés au "front".

Pendant des jours et des nuits, nous avions tenu des check-points sur les différents axes, à la recherche de mercenaires en fuite, car on nous en avait signalé certains en direction de Ouidah. Nous avons passé des nuits entières embusqués dans la brousse de Ouidah dans la fraîcheur des nuits.

Après les trois mois à Ouidah, il fallait aussi faire huit mois de service civique. Pour ma part, j'ai été finalement affecté dans une ville que je connaissais bien car j'y étais né : Djougou.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur cette expérience ?

ABT : Cela commence par un curieux concours de circonstances. En effet, après la formation militaire nous devions faire le service civique qui était l'enseignement pour la plupart, mais l'entreprise pour nous qui avions une maîtrise. A ma grande surprise, j'ai d'abord été affecté au Lycée Coulibaly de Cotonou puis réaffecté au Collège de Djougou. J'ai accepté de gaieté de cœur d'aller à Djougou sachant à l'époque que le collège n'avait pas de professeur de maths au second cycle. Ma mission a donc été d'enseigner les maths. J'avais fait un Bac C, j'avais des aptitudes pour la discipline, et en plus c'était dans mes aspirations.

J'avais quitté Djougou pour le Lycée Béhanzin pour m'émanciper de mes parents. Douze ans après, Djougou avait changé. Du moins, moi j'avais changé car mes centres d'intérêts n'étaient plus les mêmes. Et j'avais de nouvelles responsabilités. J'ai retrouvé ceux de mes amis d'enfance qui étaient restés à Djougou. Mes cousins de la famille Djarra par exemple et d'autres encore. J'étais parti enfant de Djougou et j'y revenais jeune adulte, plein d'ambitions pour moi-même et mes jeunes élèves, avec un idéal en tête.

Au début,  j'étais embêté de vivre dans cette ville où à minuit il n'y avait plus d'électricité. Certainement des habitudes prises en France... mais assez vite, je me suis adapté. Je n'ai jamais regretté d'avoir quitté la France où certains de mes amis se sont définitivement installés après nos études.

 

Pendant cette période, avez-vous visité/vécu dans d'autres villes du Bénin ?

ABT : Oui, je suis devenu actif sur le terrain social avec des camarades. J'ai ainsi pu visiter ou revisiter NatitingouTanguiétaBoukoumbéKouandéDogbo et tous les arrondissements de la commune actuelle de Djougou

Vous savez, le Benin est un pays magnifique et les Béninois dans leur diversité sont un peuple fantastique. Vous pouvez admirer les chutes de Tanguieta comme celles des Tanékas ; admirer les Tatas Sombas comme les animaux dans la Pendjari. Avoir une conversation avec les paysans de Bareï ou de Ouaké, échanger avec les commerçants ou mes amis transporteurs de Djougou, est toujours instructif. Si vous avez visité Abomey, Athiémé ou Kétou vous avez sûrement d'autres raisons de vous associer à ce que je dis. Les vacances que je passais à Kétou m'ont aussi donné l'occasion de connaître cette ville et ses habitants, mais aussi une autre ville comme Pobè. J'encourage les béninois à découvrir notre pays et bien sûr les Africains à découvrir notre continent.

 

Avez- vous milité pour des mouvements de jeunesse du PRPB? Si oui quelles étaient vos motivations?  

ABT : Non. J'ai toujours eu l'esprit à gauche donc sensible à beaucoup de choses qui étaient propagées par le PRPB même si en pratique, ses dirigeants sont passés à côté de leur sujet. Le plein emploi, la justice sociale, et la lutte pour un environnement sain sont des exemples d'idéaux que j'ai toujours partagés. Je participais ainsi volontiers aux campagnes de salubrité. Au cours de mes premières années d'activité, j'ai par exemple lancé un cercle de réflexion économique, avec des amis comme feu Nadjou ou l'actuel ministre Davo. Encore une fois, comme de nombreux camarades de ma génération, j'ai applaudi l'arrivée du Gouvernement  Militaire Révolutionnaire (GMR) en 1972 pour ces mêmes raisons.


Quels étaient les rapports du jeune professeur de Mathématiques ABT et plus généralement des appelés de l'époque avec le pouvoir exécutif ? 

ABT : Très peu en réalité. En effet, une fois affecté, vous attendiez la fin du service. J'ai eu par contre des fréquentations avec des préfets ou sous préfets qui étaient des amis ou des camarades de lycée. Malgré l'enseignement, nous ne dépendions pas du Ministère de l'Education Nationale, mais plutôt du Ministère de la Défense, car nous étions des appelés en service civique.

Nous étions payés 15.000 FCFA de l'époque, si ma mémoire est bonne. Pour moi c'était largement suffisant car j'habitais dans ma maison familiale,  où j'étais nourri et entretenu par ma famille. Ma maman de Covè vivait encore et s'occupait de tout. Je dois dire que j'ai grandement apprécié cette période, aussi bien du point de vue personnel que du point de vue de ma contribution à la formation de certains de mes jeunes compatriotes. 

C'était la toute première fois que je me sentais utile pour d'autres. Une sensation formidable, cette possibilité de rendre à mon pays ce qu'il m'a donné ! L'illustration de l'adage qui dit : " Qui paie ses dettes s'enrichit ". Je n'ai jamais oublié cette sensation.

Les circonstances se prêtaient bien à l'époque : je n'étais ni encore marié, ni père. Alors j'occupais mes temps libres entre lecture et match de foot. Je passais aussi une bonne partie de mes loisirs à préparer mes travaux pour mon retour en faculté à Dijon pour un 3ème cycle et la préparation du concours de la BCEAO.

 

Parlez nous un peu de l'aventure BCEAO. De l'interview n°1, nous avons notamment retenu que vous vouliez "diriger une entreprise commerciale". Comment vous est  arrivée l'idée/l'envie de travailler pour une institution sous-régionale ? 

ABT : Très bonne question mais vous serez peut-être surpris d'apprendre que je suis entré à la BCEAO par accident. Rappelez-vous que j'effectuais mon service militaire comme condition préalable à mon 3ème cycle universitaire. Mais au sortir de Ouidah alors que je préparais mon départ pour Djougou, le frère d'un ami me signale que la BCEAO allait recruter des jeunes diplômés pour son centre de formation. Je suis donc allé prendre les informations sur ce concours. Il y a avait les imprimés d'inscription ainsi que le programme du concours. C'est ainsi que j'ai passé une partie de mon temps de loisirs à Djougou à préparer ce concours. Ma préparation était assez dilettante car je la faisais entre dix mille choses, dès que j'avais un moment libre. 

J'ai sollicité l'autorisation de concourir auprès du Chef des armées  - le Président de la République - puis je me suis rendu à Cotonou en Juillet pour les examens. J'y ai rencontré quelques camarades. 

Ensuite, je me suis rendu à Dakar pour les oraux, après mon succès aux écrits. Enfin, après mon succès définitif, il a fallu obtenir la dérogation du même chef des armées pour raccourcir ma formation civique et commencer mon stage. 

 

Aviez-vous été inspiré par cet autre "Abdoulaye", M. FADIGA qui était le Gouverneur de la BCEAO dès 1975? Et plus généralement, pouvez-vous nous parler du centre de formation de la BCEAO et de la vie à Dakar ?

ABT : Je ne connaissais pas M. Abdoulaye FADIGA à l'époque. En fait je ne l'ai rencontré physiquement la première fois qu'une fois au centre de formation. 

Le COFEB, Centre Ouest-Africain de Formation et d'Etudes Bancaires a été créé le 05 août 1977, comme un des éléments de la politique d'africanisation de la BCEAO décidée par les autorités de l'UMOA. En grand visionnaire, le 1er Gouverneur de la BCEAO, M. FADIGA, voyait ce centre comme la réponse à long terme pour l'émergence de cadres compétents à la banque centrale et dans les institutions financières de la région.

 

Je suis issu de la première promotion du centre qui nous a accueilli à Dakar pour la préparation du DES Bancaire. En fait sur plusieurs points nous avons essuyé les plâtres, nous en avions été les cobayes. Par exemple, cette promotion a subi une formation de 2 ans contre 18 mois à partir de la 2ème promotion.

J'étais animé d'une certaine fierté, non seulement de faire partie de cette première promotion, mais aussi parce que sur les dizaines de candidats ayant postulé, j'avais été reçu  premier du groupe de 24 sélectionnés dans cette première promotion du concours d'entrée au COFEB. J'ai d'ailleurs fini également major de ma promotion de DES. Le Gouverneur FADIGA en était particulièrement fier, car je portais le même prénom que lui, et surtout aussi que nous venions de la même université de Dijon.

Notre promotion comprenait des gens qui ont tous fait de bonnes carrières à la BCEAO et ailleurs. Pascal KOUPAKI en faisait partie. C'est surtout que le COFEB lui-même est le fruit de la vision d'un homme - le Gouverneur FADIGA - qui croyait en l'Afrique. Il en avait été un militant dans la Fédération des Etudiants Africains de France (FEANF) et était déterminé à faire de la BCEAO un instrument aux mains expertes  des Africains.

 

Parlez-nous de votre stage BCEAO.

ABT : Mon stage a commencé sous ce que je croyais être de mauvaise augure. Le jour de l'examen, j'ai eu une prise de bec avec le Directeur National de la BCEAO sur un désaccord sur le nombre de béninois à retenir. A Dakar, tout était à faire parce que le centre de formation ouvrait avec notre arrivée, et surtout le transfert du Siège de la BCEAO de Paris à Dakar était tout récent. Mais nous avions la saine ambition de tenir le pari de M. FADIGA de faire de nous les meilleurs banquiers centraux du moment. C'était aussi la continuation d'une vie commune avec d'autres africains dans un univers de compétition et de concurrence. Enfin, je découvrais un autre pays africain et une autre culture que très vite j'apprécierai. Dès les premiers jours, j'ai appris que la Téranga sénégalaise n'était pas de la propagande.


Comment s'est passée votre intégration au Sénégal ? 

ABT : Assez bien, je dois le dire. Surtout grâce à un cousin, Allassane qui y vivait depuis des années. Il n'y pas eu de choc de cultures pour moi. Les sénégalais sont un peuple extraordinairement accueillant. J'en ai gardé des souvenirs agréables. La Téranga sénégalaise a eu tout de suite une résonnance dans mon esprit. Je n'oublierai jamais cette première fête de Tabaski que j'ai passé à Dakar chez une famille- les DIACK- que je ne connaissais pas à l'époque, et qui m'a réservé un accueil incroyable.

Dakar est spéciale en ce sens que s'y est développée depuis longtemps une vie culturelle dense avec les librairies, les ateliers de peinture  et les bibliothèques bien achalandées, les théâtres dont le fameux Daniel Sorano et bien sûr les nombreux groupes musicaux. Sans compter le football qui comptait de très bonnes équipes à l'époque, dont le Diaraf. J'y ai perfectionné mon jeu d'échecs pendant cette période avec l'aide de mon ami Boubacar "Boris" Diop qui est par la suite devenu un écrivain célèbre et surtout les séances nocturnes avec mon colocataire Mouss. J'ai, à l'époque, développé une véritable amitié avec deux camarades de promotion, feu Mouss Adjibi qui est décédé en 1998 et Pascal KOUPAKI qui est en ce moment ministre d'Etat dans le gouvernement du Président YAYI.

Franchement, le Sénégal a été une terre d'accueil pour moi. J'y ai vécu plus tard pendant six ans de 1992 à 1998 avec le même plaisir. 

Après le DES, j'ai immédiatement commencé à travailler à la BCEAO à la direction nationale de Cotonou. J'ai été bien inspiré car j'y ai eu mon premier patron - M. POGNON - qui m'a appris les fils du métier et la nature des hommes. C'était un homme entier, un excellent professionnel et un sentimental. Il m'a aidé soutenu et orienté. Ses colères étaient mémorables et tout le monde savait qu'il fallait travailler comme il vous le demandait mais c'est aussi un vrai croyant et un homme juste. Il est décédé récemment, le 30 octobre 2009, et je partage avec sa famille et ses amis le deuil d'un homme qui savait à quoi s'en tenir et qui ne laissait personne indifférent.


Parlez-nous à présent de votre vie familiale à cette époque. 

ABT : Mon père qui avait entre-temps commencé à jouir de sa retraite vivait à Cotonou. Mais il encadrait volontiers mes jeunes frères et sœurs qui étaient encore à l'Université et qui, je pense, ont eu le meilleur de lui. Il prenait des journées entières à lire le coran et à l'enseigner à mes jeunes frères et sœurs. Ses loisirs se limitaient aux parties de belote que nous partagions avec lui et un autre de ses amis médecin de son état - Dr Taïrou - qui vient de décéder également malheureusement. 

Il y avait aussi les conseils de mon autre maman -la dernière épouse de mon père, Hadja Modukpè- une femme formidable, pieuse et généreuse. Elle était toute assistance que ce soit pour la scolarité  à la maison ou pour nos  carrières; elle a vraiment secondé mon père dans notre orientation. Educatrice aussi, elle avait toujours le juste mot pour vous amener à l'écouter. Aujourd'hui encore, je vais à Sodjatinme à Cotonou pour de temps en temps obtenir quelques conseils.

Quant à ma mère, c'est une femme discrète qui a passé davantage de temps à élever ses quatre garçons. Elle a fait du commerce de céréales. Je crois qu'elle aurait fait fortune si la micro finance avait existé en son temps. Elle a une parfaite connaissance de nos différentes généalogies.

Jusqu'en 1979, à 27 ans, je ne pensais pas encore fonder ma propre famille.

 

De quoi d'autres aimeriez-vous nous parler sur cette période de votre vie recouvrant les années 1972 à 1979?

ABT : Avec le recul, je crois que cette époque était au Bénin beaucoup plus facile et intéressante qu'aujourd'hui en termes d'insertion professionnelle. A l'époque l'emploi était un droit. Il y avait très peu de "diplômés sans emploi" pour ce que j'en sais,  car on vous plaçait dès votre diplôme obtenu.

Mais cette époque, hors du Bénin, a aussi été celle de la guerre froide qui a retardé l'Afrique je pense. Beaucoup d'enjeux politico-économiques se sont déroulés en cette période : j'ai vécu le premier choc pétrolier  en 1973. J'étais à la fac, mais aussi dans un pays dont l'économie devait s'ajuster. Lire "Le Monde" du Mardi nous a beaucoup appris à l'époque à côté de nos cours sur l'histoire de la pensée économique. Cela nous permettait, à côté des cours théoriques, d'être au parfum des réalités du monde dans lequel nous vivions.


Nous vous remercions encore une fois, ABT, pour avoir joué le jeu, sans tabous. Nous espérons que vous aurez la même disponibilité pour nous parler prochainement de votre vie professionnelle.

ABT : C'est moi qui vous remercie encore une fois pour l'intérêt que vous me portez. Et pour vous, mes chers amis, je trouverai bien volontiers du temps.

Mais je voudrais finir, en souhaitant particulièrement beaucoup de courage à vous les jeunes, dont la situation comparativement à notre époque à nous, est bien plus sujette à difficultés malgré vos excellentes références.

Nous sommes en effet, à l'aube d'une nouvelle année, l'an 50 pour le Bénin et seize autres pays africains. C'est aussi, l'aube d'une nouvelle décennie. Celle où je pense que tout devient possible, malgré les difficultés actuelles de la jeunesse africaine, jeunesse pourtant la plus optimiste du monde!

Je voudrais humblement prier Dieu afin qu'il nous prête vie et nous donne une bonne Santé, socle essentiel de tout défi.

A chaque béninoise et à chaque béninois, je voudrais souhaiter une Bonne et Heureuse Année 2010.



En résumé : ABT de 1972 à 1979


Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années "

serait-on tenté de dire pour résumer cette portion de vie de ABT allant de 1972 à 1979. Mais c'est aller vite en besogne que de tout ramener au facteur "chance" car à la base, il y a eu du travail, de la persévérance dans l'effort, qui naturellement ont porté leurs fruits.

Du précédent entretien, nous avions fini sur ABT qui venait d'avoir son baccalauréat C. Du fait de l'excellence de son travail en terminale, c'est tout naturellement qu'il a alors pu bénéficier d'une bourse d'études supérieures, pour continuer en "prépa" d'une école de commerce à Paris en 1972. Malheureusement, arrivé en retard à trois semaines de la rentrée, ABT a dû être réorienté. Il a alors choisi de faire les sciences économiques à l'Université de Dijon.  C'est cette même rigueur dans l'effort et dans la persévérance qui a fait que, quatre ans plus tard, l'étudiant ABT décrochera sa Maîtrise des Sciences Economiques en 1976, en faisant la fierté de ses professeurs.

La vie de ABT est comme qui dirait, réglée comme une horlogerie suisse. C'est ainsi que la maîtrise en poche, ABT passe de la fac de Dijon, au camp de Ouidah pour son service militaire, conditions sine qua non du financement d'un 3ème cycle par l'Etat béninois. Pendant trois mois, la promotion de ABT a reçu la FCB (Formation Commune de Base) qui laissera une cicatrice sur sa joue, encore visible à ce jour. Au cours de ce service militaire, le "jeune appelé" ABT était aussi aux premières loges avec ses camarades de promotion pour défendre à leur niveau, le Bénin, envahi le 16 janvier 1977 par des mercenaires.  

Après le service militaire, ABT a fait son service civique à Djougou pendant huit mois en tant qu'enseignant de mathématiques au 2nd cycle du collège de sa ville natale. Ce fut l'occasion pour lui, de "s'enrichir, en payant ses dettes"; de partager les connaissances qu'il avait reçues grâce à l'Etat béninois.

Comme on peut s'y attendre, après quatre années d'exil universitaire, redécouvrir le Bénin profond a été une expérience extraordinaire pour Abdoulaye Bio Tchané. Nous avons été impressionné par la connaissance détaillée que ABT a de son pays : de Cotonou à Tanguiéta, en passant par Abomey, Bohicon, Covè, Dassa-Zoumé, Savalou, Djougou ; de Athiémé à Kétou, via Porto-Novo pour ne citer que ces villes-là. ABT a conscience de la beauté du Bénin et du peuple béninois dans sa grande diversité. 

ABT fait partie de la première génération de cadres formés au COFEB (Centre Ouest-africain de Formation et d'Etudes Bancaires) de 1977 à 1979. 

A l'issue de cette formation, il rejoindra son premier poste à l'agence nationale de la BCEAO à Cotonou sous la direction de M. POGNON, le premier patron de ABT. C'était en 1979, à 27 ans. 

Une fois de plus, nous espérons vous avoir éclairé un peu plus sur l’Homme, pour vous donner l’envie d’en savoir plus sur une vie bien remplie avec d'enrichissantes expériences.


Entretien réalisé par L’équipe du site www.abt2011.com – Janvier 2010

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Message de Nouvel An de ABT

publié le 1 janv. 2010 06:59 par ABT 2011.com   [ mis à jour le·1 janv. 2010 07:10 ]

Chers amies et amis,

Chers sœurs et frères,

En tant simplement que votre compatriote, occupant les fonctions que vous savez, pour un développement économique harmonieux de notre sous région, je vous présente, en ce début d’année, mes vœux de santé, de bonheur, de réussite et de longévité.

J’implore sur notre pays et sur nous tous, la bénédiction du Seigneur.

Grâce à l’effort de tous, notre pays le Bénin, doit reprendre le chemin de la vérité, de la responsabilité et de l’espérance. 

Permettez-moi ici de vous dire toute ma foi en l’avenir et en chacun de nous.

Bonne et Heureuse Année 2010  à toutes et à tous.


Abdoulaye BIO TCHANE

Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD)

ABT, invité Afrique sur RFI : crise financière mondiale

publié le 28 nov. 2009 05:15 par ABT 2011.com   [ mis à jour le·1 déc. 2009 02:36 ]

[NDLR] Le 19 novembre 2008, Abdoulaye Bio Tchané (ABT) est intervenu sur les ondes de Radio France Internationale (RFI) à propos de la crise financière internationale.

Ce fut une nouvelle fois une démonstration de l'envergure internationale de cet économiste-expert. Une année plus tard, les solutions préconisées par ABT, ont pour la plupart fait leur preuve dans les pays où elles ont été mises en œuvre et on peut dire que si la crise n'est pas terminée, le pire est derrière nous.

Nous vous proposons de revenir sur cet interview où ABT revient notamment sur des problématiques comme une gouvernance financière mondiale ou la parité du franc CFA vis-à-vis de l'euro.



Abdoulaye Bio Tchané : Président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD)


«Vis-à-vis des autres régions du monde, la parité du franc CFA vis-à-vis de l'euro n'est pas forcément un obstacle mais un élément qui ne permet pas, par exemple, d'augmenter les exportations.»

Il est l'un des grands experts du système financier international. Après avoir dirigé le département Afrique du FMI, Abdoulaye Bio Tchané préside depuis six mois la BOAD, la Banque ouest-africaine de développement, c'est-à-dire la banque qui finance le développement des 8 pays de l'UEMOA, l'Union économique et monétaire ouest-africaine. Depuis le siège de la BOAD, à Lomé, au Togo, le banquier béninois explique la crise financière et son impact sur l'Afrique.


Par Christophe Boisbouvier

Diffusion : 19/11/2008 - http://www.rfi.fr/actufr/articles/107/article_75022.asp


Transcription

Christophe Boisbouvier : Abdoulaye Bio Tchané, bonjour !

Abdoulaye Bio Tchané : Bonjour.


Après l’Europe, le Japon, de plus en plus de pays entrent en récession. Que faut-il faire pour relancer l’économie mondiale ?

ABT : Ben, écoutez, je crois que les instruments, c’est la politique monétaire, mais il est de plus en plus évident qu’il faut un stimulus budgétaire, il faut injecter beaucoup de liquidités (çà, c’est la politique monétaire) mais beaucoup de ressources budgétaires, dans les grands travaux bien sûr, mais également pour ce qui concerne les Etats-Unis, redonner un peu plus de moyens aux consommateurs.


A Washington, samedi dernier, les 20 pays les plus riches du monde n’ont rien décidé de concret. Est-ce que ce n’est pas une occasion manquée ?

ABT : Bon, c’était déjà une opportunité de relancer le dialogue. Je crois que tous le monde est d’accord qu’il faut coordonner. C’était cette occasion-là, je ne crois pas qu’elle soit totalement manquée. Ce qui a manqué à mon avis, c’est effectivement qu’il faut modifier la gouvernance internationale qui permet de prendre en compte les préoccupations de tous les groupes de pays. Bien sûr les pays les plus riches, ensuite les pays émergents et troisièmement les pays les plus pauvres.


A l’origine de cette récession les dérives des fameux fonds spéculatifs à risque. Est-ce qu’il faut un super-gendarme de la finance internationale ?

ABT : C’est une des solutions. Mais qui serait ce gendarme ? Serait-ce le Fonds Monétaire International ? Je crois qu’on est loin d’un consensus sur la question. Tout le monde reconnaît l’origine des problèmes : c’est l’absence de surveillance, la faiblesse de la régulation de façon générale. Et Il faut trouver une solution à cela.


Oui mais vous qui avez été le Directeur Afrique du FMI, pensez-vous que le Fonds Monétaire pourrait être un bon gendarme ?

ABT : Je pense que le Fonds Monétaire pourrait l’être. Mais il ne suffit pas de donner ce mandat au Fonds Monétaire. Je pense que sur les questions fiscales, les questions budgétaires, le Fonds Monétaire a ce mandat. Mais ce mandat n’est pas exécuté à 100% ; tout simplement parce que la surveillance reste inégale. La surveillance du Fonds Monétaire, vis-à-vis des pays pauvres et des pays émergents est plus dure qu’elle ne l’est vis-à-vis des pays riches.


Voulez-vous dire qu’il faudrait que le Fonds Monétaire puisse surveiller et donner des injonctions aux Etats-Unis comme il en donne à la Côte d’Ivoire ou au Togo ?

ABT : Ben, absolument ! Je pense que si on veut y arriver, au moment où nous parlons d’un gendarme, il faut que ce gendarme puisse exécuter une police sur le monde. Si cette police-là n’est exercée que sur les plus faibles, ça ne sert à rien d’avoir un gendarme. Si on se réfère à la crise actuelle, mais je peux vous dire que sur les vingt pays du G20, le Fonds Monétaire n’a réalisé que treize études sur ces pays-là. Ca veut dire qu’il y en a au moins sept pays qui se refusent à faire cet exercice-là. Et donc, si on veut y arriver, il faut que la gouvernance de cette institution lui permette d’exercer absolument ce mandat et de façon équitable sur chaque membre.


Oui mais les américains n’en voudront pas de cela.

ABT : Eh bien voilà un des problèmes auxquels nous avons à faire face.


Après le Japon et l’Europe, est-ce que l’Afrique risque d’entrer en récession ?

ABT : Ecoutez. D’abord s’il y a récession en Europe, il y a un impact évident sur les transferts des migrants, il y a un impact sur les coûts des matières premières, il y a un impact sur l’aide public au développement et il y aura forcément un impact sur les investissements directs étrangers. Donc, tout ca va entrainer forcément un impact sur la croissance économique et je pense que beaucoup de pays africains entreront également en récession.


Depuis 35 ans, la BOAD finance des projets de développement en Afrique de l’ouest et l’an dernier, vous avez ouvert des crédits à hauteur de 2 milliards d’euros. Est-ce que cette année et l’an prochain, vous allez pouvoir tenir à ce rythme ?

ABT : Je crois que pour  le volume de nos engagements, nous n’avons pas d’inquiétude à court terme. Nous allons continuer par faire ce que nous faisons bien. C'est-à-dire, faire des financements dans les infrastructures, dans les telecoms, dans l’énergie. Ce que nous voulons faire c’est ouvrir deux nouveaux chantiers prioritaires :

  • Le premier, c’est justement compte tenu de l’environnement actuel  de mobiliser d’avantage des ressources sur notre marché.

Moins compter sur les autres et plus compter sur vous-même ?

ABT : Absolument !  Compter d’abord sur nos propres forces.

  • Et puis, deuxième chantier prioritaire, c’est le développement durable et les questions environnementales. Vous savez que 2  années sur 3, nos pays sont exposés, ou aux sécheresses, ou  aux inondations. Cette année par exemple, le Togo où je vis a été exposé à des inondations très sévères et notre objectif dans les 3-4 années qui viennent, c’est de doubler le volume des financements que nous avons fait à l’agriculture.

Le CFA est accroché à une monnaie de plus en plus forte, l’euro. En ces temps de récession, n’est-ce pas un handicap ?

ABT : La parité du Franc CFA vis-à-vis de l’euro et vis-à-vis des autres monnaies internationales est un des éléments de compétitivité. Il y en a d’autres : le marché de l’emploi, le capital. Et je pense qu’il faut mettre ensemble tout ces facteurs-là. Ponctuellement cette parité peut constituer une difficulté.  Je crois que les européens eux-mêmes le ressentent comme tel. Et donc forcément les pays de la sous-régions considèrent que à l’heure actuelle, vis-à-vis des autres régions du monde, la parité du franc CFA vis-à-vis de l’euro n’est pas forcément un obstacle, mais est un élément qui ne permet pas d’augmenter par exemple les exportations. Et donc, nous avons à faire des efforts sur les autres éléments de la compétitivité pour remédier à cette insuffisance qui j’espère, évolue avec le temps.


Mais vous souhaitez que l’euro baisse un peu non, par rapport au dollar ?

ABT : Mais nous le souhaitons pour nos exportations absolument. Mais vous savez que cette parité est déterminée par les marchés de change.


Et  est-ce qu’un jour il ne faudra pas revoir cette parité entre le F CFA et l’euro ?

ABT : Ecoutez, pourquoi pas ? Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose de sacré en économie. Vous l’avez vu en Grande Bretagne sur  la nationalisation d’un certain nombre d’institutions. Rien ne doit être sacré en économie. Il faut avoir l’esprit ouvert sur tout ce qui peut permettre à nos économies de créer beaucoup plus de richesses, de lutter contre la pauvreté. Et s’il y a une leçon qu’on peut tirer de ce qui se passe aujourd’hui, c’est bien cela. Il n’y a pas de tabou et on doit choisir en fonction de nos propres intérêts.


Abdoulaye Bio Tchané, merci.


Transcription effectuée par l’équipe ABT2011.com

19 Novembre 2009


Pour aller plus loin sur le sujet :

ABT sur RFI : Débat africain du 24/05/2009

Le leadership africain face à la crise financière internationale et à ses répercussions économiques.

Conférence-débat ABT - Paris - 19 Décembre 2009

publié le 27 nov. 2009 05:45 par ABT 2011.com   [ mis à jour le·23 déc. 2009 16:29 ]

 «L’AFRIQUE FACE A LA CRISE FINANCIÈRE MONDIALE»



C'est le thème de la conférence-débat initiée par L’Association Panafricaine de Prospective et d’Analyses Stratégiques (APPAS)  et animée par le Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD)
M. Abdoulaye Bio Tchané.

Au Salon Saint Germain de la Maison de la Mutualité sise au 24, rue Saint-Victor 75005 Paris, le Président Abdoulaye Bio Tchané, a planté le décor en rappelant le contexte économique des pays africains au moment où est intervenue la crise de 2008.

L'ancien Directeur Afrique du Fonds Monétaire International (FMI), en connaisseur, n'a pas manqué d'exemples précis de pays aux quatre coins de l'Afrique pour illustrer ses propos. Il a par ailleurs préconisé des solutions à mettre en œuvre.

Collant également à l'actualité, M. Abdoulaye Bio Tchané, est revenu, ce samedi 19 décembre 2009 sur l'échec de la conférence de Copenhague qui faudrait-il le rappeler était porteuse d'espoir, sur le règlement de la question des changements climatiques. Ce thème tenait certainement à cœur le Président de la BOAD, car on se souvient de la tribune qu'il avait publié à ce propos dans le magasine Jeune Afrique, appelant à un partenariat "gagnant-gagnant" à Copenhague.

Dans la deuxième partie de cette conférence-débat, ABT s'est volontiers prêté aux jeux des questions-réponses, avec un public largement intéressé par la question de la crise.


Il faut souligner que les organisateurs de la manifestation avaient précisé explicitement au début de la conférence, que celle-ci était purement économique et ont souhaité que les questions se limitent strictement au domaine économique, même si tout le monde brulait d'envie de poser "une certaine question". Le suspens est donc encore de mise.

A la fin de la conférence-débat, un cocktail a été servi au public venu nombreux participer à cet échange avec le "probable" candidat aux élections présidentielles du Bénin de 2011. Pendant ce temps, ABT a accordé des interviews à la presse internationale présente elle aussi sur les lieux. On a pu voir les caméras de AFRICA24 et de LC2, le micro de la Radio France Internationale (RFI).


Par L'équipe ABT2011.com
22/12/2009


APPAS - 53 rue Monttessuy - 91260 Juvisy-sur-Orge - contact.appas@gmail.com


A lire et écouterABT, invité Afrique sur RFI : crise financière mondiale


A‎‏‎‎‎‎‎‎‎‏‏‎llocution de ABT - Président de la BOAD - au Forum Mondial du Développement Durable à Ouagadougou

publié le 12 oct. 2009 00:14 par ABT 2011.com   [ mis à jour le·30 déc. 2009 06:50 ]

Excellence Monsieur le Président du Faso,

Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Excellence Monsieur le Président de l’Union Africaine,

Excellence Monsieur le Président Jacques CHIRAC,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Excellence Monsieur le Président du Faso,

 

Je voudrais avant tout me joindre aux autres participants pour vous exprimer à vous-même, à votre Gouvernement et au peuple burkinabè mes vives félicitations pour la parfaite organisation de ce forum ainsi que mes remerciements pour y avoir associé la Banque Ouest Africaine de Développement.

 

Depuis le sommet de Rio en 1992 sur l’avenir de la terre, on peut dire que la conscience humaine est plus grande sur nos responsabilités face aux changements climatiques. Cependant, nous continuons de vivre ce paradoxe qui est de vouloir le développement durable et de mener des activités qui nous en éloignent.

 

Nous savons aussi que l’humanité a toujours avancé en trouvant aux problèmes nouveaux des sources de solution nouvelles. Aujourd’hui, rien qu’à compter le nombre de réunions sur le sujet et à écouter les discours qui m’ont précédé, nous savons que nous sommes incontestablement à l’un des tournants majeurs de notre histoire d’homme.


D’après le Forum Humanitaire Mondiale, les changements climatiques entraînent la mort de 300.000 personnes par an, la malnutrition d’environ 45 Millions de personnes avec un coût social estimé à 1.300 Milliards de dollars.

 

Excellence Monsieur le Président du Faso,

Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

 

Nous sommes ici pour affirmer que nous ne pouvons nous abandonner au fatalisme. Le continent africain dont la production de CO2 par tête d’habitant est la plus faible au monde  est l’une des zones sinon la principale zone touchée par les dérèglements climatiques, en raison des faibles moyens d’adaptation dont il dispose. Le chapelet des catastrophes naturelles est de plus en plus long et le bilan des inondations est de plus en plus en lourd.

 

Pour cette année 2009, l’Afrique de l’Ouest vient de connaître à nouveau de graves et meurtrières inondations. Les pluies torrentielles ont rasé des villages entiers, faisant au moins 160 morts et près de 600.000 sans abris qui courent des risques sanitaires importants. Ici même à Ouagadougou où nous nous réunissons, le 1er septembre dernier, des pluies diluviennes ont causé huit (08) morts, 150 000 déplacés et des milliards de dégâts.

 

Pendant ce temps, la sécheresse est entrain de décimer le cheptel au Kenya où au moins 70% des puits naturels et des cours d’eau se sont asséchés : les éleveurs, en majorité dans la région aride du nord auraient perdu, selon le Premier Ministre Kenyan plus de 150.000 têtes de bétail.


Pourtant, l’Afrique ne bénéficie que très marginalement des dispositions du Mécanisme pour un Développement Propre (MDP) mis en place dans le cadre du Protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre. Ce Mécanisme de flexibilité a donné naissance à un marché du carbone florissant, dont la valeur des échanges était estimée à 64 Milliards de dollars US en 2007 et à 120 Milliards de dollars US en 2008.

 

Excellence Monsieur le Président du Faso,

Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

 

En dépit de ces constats peu réjouissants, l’espoir subsiste. Il me semble que la priorité pour l’Afrique devrait être placée sur les moyens d’adaptation aux changements climatiques et les efforts de la communauté internationale devraient y aider. Toute la communauté internationale, les grands pays notamment sont interpellés pour une conjugaison des efforts afin d’aider nos pays à maîtriser les effets de ces changements climatiques et se tracer un sentier de développement durable.

 

Fidèle au principe des deux (02) piliers, je pense aussi que les institutions et Gouvernements africains doivent accorder une importance particulière à ces enjeux. Pour sa part, en tant qu’institution de financement du développement des pays membres de l’UEMOA, la BOAD s’est résolument engagée, depuis plusieurs années, aux côtés de ses Etats membres pour le financement d’actions entrant dans le cadre de la préservation de l’environnement et du développement durable.

En effet, depuis 2003, la Banque a élaboré une politique environnementale et sociale applicable à tous les projets soumis à son financement et s’est dotée d’une direction opérationnelle chargée du développement durable et de l’environnement, confirmant ainsi sa volonté de s’impliquer profondément dans le domaine.

 

Dans cette optique, la Banque a initié depuis 2008, plusieurs actions en vue de permettre aux pays membres de l’UEMOA d’être plus présents sur le marché du carbone notamment par des activités de renforcement de capacités des Autorités Nationales Désignées et de porteurs de projets.

 

De même, la BOAD a engagé le processus de mise en place d’assurance récoltes au profit des producteurs de l’espace UEMOA et ce, pour la prise en compte du risque climatique dans leurs activités.

 

Excellence Monsieur le Président du Faso,

Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

 

Ainsi que je le disais au début de mon propos, le thème de nos assises représente un moment historique de l’aventure humaine. Il ne peut être question pour les africains en général et ceux de l’Afrique de l’Ouest en particulier, de se croiser les bras au bord de la route et de regarder passer le train en se plaignant de ses nuisances sur l’environnement. Non ! Nous sommes des acteurs ; nous sommes à bord du train du Monde pour travailler ensemble avec le reste du Monde à la résolution de ce défi mondial.

 

C’est d’une telle compréhension du problème qu’un nouvel accord « gagnant – gagnant » pour toutes les parties pourra émerger à Copenhague en décembre prochain.

 

Je vous remercie


Abdoulaye Bio Tchané


Source : www.abt2011.com - Publié le 12/10/2009


ABT : 1952 à 1972

publié le 12 août 2009 15:49 par ABT 2011.com   [ mis à jour le·23 janv. 2010 11:47 ]

Abdoulaye Bio Tchané (ABT) se dévoile : « je peux me définir comme un enfant privilégié ! »

 

Il n’est plus un secret que dans l’actualité politique nationale, le nom de M. Abdoulaye Bio Tchané (ABT) est de plus en plus cité dans la perspective des prochaines élections présidentielles de 2011. Les articles et coupures de presses foisonnent tant du côté de ceux qui appellent et souhaitent vivement cette candidature, que de ceux qui crient encore plus fort contre cette probable candidature. Mais pourquoi tant de passions ? Pourquoi Abdoulaye Bio Tchané fait-il si peur ? Le connaissons-nous vraiment ? Surtout nous autres de la jeune génération qui n’avions fait qu’entendre parler de ce « brillant Ministre de l’Economie et des Finances de Kérékou II », qui aurait laissé une empreinte véritable non seulement au sein du ministère dont il détenait le portefeuille, mais aussi dans la mémoire collective de nos aînés.

Au-delà des passions qu’il déchaîne, nous nous sommes rendus compte que Abdoulaye Bio Tchané est presque aussi célèbre professionnellement, qu’effacé en tant que personne. Un véritable « monument de discrétion ». Nous avons alors entrepris d’aller forcer « fort knox », d’essayer de voir sous la carapace…

ABT a bien voulu nous recevoir. S’il a certes évité de nous répondre clairement sur la question que tout le monde se pose, se contentant de son désormais célèbre : « je suis citoyen comme tout le monde… » appuyé d’un sourire malicieux, il nous a fait cependant l’honneur, eu égard à son emploi du temps très chargé, de nous accorder une série d’entretiens. Nos entretiens se sont déroulés en toute simplicité, tellement simplement que cela en était déroutant. Nous vous livrons ici, la première dans laquelle Abdoulaye Bio Tchané se dévoile à nous : son enfance, l’écolier, le collégien, le bachelier… tout y passe.


Mais qui est vraiment Abdoulaye Bio Tchané ? Découvrons-le ensemble.

 

L’équipe du site ABT2011.com : Bonjour M. Bio Tchané ! Vous permettez-nous de vous appeler «ABT» ?

Abdoulaye Bio Tchané : Bonjour mes chers amis. Je n’y vois aucun inconvénient, mes amis m’appellent ABT.

 

ABT2011.com : Merci ABT de nous recevoir et d’accepter de nous parler un peu plus de vous et non de la BOAD, de notions lointaines comme l’endettement ou la crise économique, non pas de 2011 même si nous avons compris que « vous êtes un citoyen comme tout le monde… », mais de vous et uniquement de vous, comme vous ne l’aviez jamais fait encore auparavant.

Ainsi, ABT nous connaissons l'ancien Directeur des Etudes de la BCEAO, l'ancien Ministre de l'Economie et des Finances, l'ancien Directeur Afrique du FMI et l'actuel Président de la BOAD, mais d'où nous vient l'Homme ?

ABT : (sourires) Je suis né le 25 octobre 1952 à Djougou.  On voit parfois Parakou, parfois Djougou ! (Sourires). Mais il s'agit d'une erreur qui vient de loin. Elle s’est glissée dans ma biographie officielle, lors de ma nomination au Ministère des Finances. Hélas, je n’ai pas encore le don d’ubiquité et c'est l'occasion de préciser que je suis né à Djougou même si pour un tas de raisons, j’aurais voulu naître partout au Bénin.

Mon feu père, paix à son âme, s’appelait Hadj Moussa Bio Tchané. Il a été instituteur puis administrateur. Nous habitions à Djougou. Mais de fait, sa fonction l’amena à faire beaucoup de villes au Bénin.

Quant à ma mère, elle s’appelle Hadja Lamissi Bio Tchané. Sa profession a été à plein temps, de nous élever, et de s’occuper de sa maison et de son foyer. De nos jours on parlera de profession : « ménagère ».

De mon enfance, je garde de bons souvenirs familiaux. Il y avait une véritable entente cordiale et de complicité à la maison à Djougou. Ma maison familiale est dans le marché. Donc tous les 5 jours pour ainsi dire, je voyais venir du monde autour et dans la maison. Je peux ainsi vous raconter milles et une anecdotes.

Je me souviens également de nos parties de belotte familiale avec mon père, et bien sûr les prières.

A l’époque, mon rêve était de gérer une entreprise commerciale.

 

ABT2011.com : Quels souvenirs gardez-vous de vous de l'écolier Abdoulaye Bio Tchané ?

ABT : Je suis allé à l'école pour la première fois en 1958.  Je me rappelle de la sieste que j’étais obligé de faire malgré moi à la maternelle. Je n’avais pas pris en effet l’habitude de faire une sieste régulière, avant d’entrer à la maternelle.

Pendant quelques mois, j’ai fait l’Ecole des sœurs catholiques de Djougou. Mais comme de nombreux enfants à Djougou à l'époque, je faisais parallèlement l'école coranique. C'était chez Alfa Maître Daouda Tabé. La rigueur, est le principal acquis que j'ai gardé de cette expérience. Vous savez, à l’époque l’art du maniement de la « chicotte » était très en vogue, et mes oreilles s’en souviennent encore (Sourire). 

Je crois que j’étais un écolier assez studieux et plutôt joyeux et j'allais bien volontiers à l’école, car j’aimais beaucoup jouer à l’époque.

J’ai particulièrement été marqué par mon maitre Clément du CE du fait de son extrême gentillesse, de même que mon maître du CM1, M. Soumanou Amadou, avec qui j’ai gardé d’excellentes relations jusqu’à son décès pendant que j’étais au Gouvernement. Au CM2, l'extrême rigueur du maître Yimbéré est restée dans nos mémoires à moi et mes camarades de classe (sourires).

 Hélas, tous ces enseignants sont décédés malheureusement.

 

ABT2011.com : ABT, pouvez-vous nous parler de vos amis d'enfance ?

ABT : Je m’entendais bien avec les enfants de la famille DJARRA : Kouka et Amadou alias « Vive ». Comme tous les enfants de mon âge à l’époque, nous aimions beaucoup jouer. J’avais aussi deux bons amis ; l’un de la famille CANDE et l’autre de la famille GNANDELY, qui a travaillé plus tard à Air Afrique.

 

ABT2011.com : Mais vous ne faisiez pas que jouer ; que vous apprenait-on à l'école ? : Vos ancêtres étaient-ils gaulois ?

ABT : Non, on nous apprenait certes des textes français, mais aussi des textes de Camara Laye, notamment « L’enfant noir » qu’il a écrit en 1953 si ma mémoire est bonne. C'était la période juste avant l'indépendance. J’étais encore à Djougou en 1960, mais bien trop jeune à l’époque pour avoir une grande conscience des enjeux historiques de l’indépendance. J’entendais par exemple parler du Général De Gaulle, mais je dois avouer que je savais juste que c’était le Président de la France, pas plus.

 

ABT2011.com : Mais connaissiez-vous les premiers présidents de la République du Dahomey nouvellement indépendante ?

ABT : Là, oui j’en connaissais un bout car j’ai été bercé dans la politique. En effet, mon père a aussi été Député et Ministre des Finances. Ainsi, j’ai suivi par procuration les premiers pas de notre premier président M. Hubert MAGA. Mon père me parlait souvent aussi des autres présidents : M. Sourou Migan APITHY et M. Justin AHOMADEGBE. Bien évidemment, je suivais aussi l’actualité des différents soubresauts de nos jeunes années d’indépendance, avec les différents coups d’Etat, même si je ne suis pas un historien pour vous en parler avec tous les détails.

 

ABT2011.com : Avez-vous redoublé une classe ABT ?

ABT : Oui, j’ai dû reprendre le CM2. Pas forcément parce que j’étais faible mais parce que notre directeur d’école ne présentait à l’époque au concours que ceux pour lesquels il était sûr qu’ils réussiraient.

 

ABT2011.com : Globalement, que retenez-vous de votre enseignement primaire ? Avez-vous quelques anecdotes qui vous reviennent ?

ABT : Mon enfance se confond avec l’école primaire, les jeux, les vacances. Je puis ainsi dire que j’ai eu une enfance heureuse.

Nos enseignants étaient très compétents. Même si parfois, nous avions peur de leur sévérité.

Que puis-je vous dire d'autres ? 

J'allais à pieds à l’école « Urbaine centre de Djougou » qui n’était pas loin de ma maison familiale. Au début je ne recevais pas d’argent de poche. Puis j’ai peut être reçu 5 F CFA ou 10 FCFA au cours moyen par jour, ce qui était correcte à l'époque, mais pas assez pour en mettre de côté (sourires). Il faut préciser que je déjeunais à la maison avant d’aller en classe.

J’adorais et j’adore aujourd’hui encore la bouillie de mil. A l’école j’aimais beaucoup manger du ragout d’igname communément appelé «boussa » qu’une de mes tantes éloignées vendait aux écoliers.

 

ABT2011.com : Aviez-vous des activités extrascolaires ? Etiez-vous proche du monde rural ?

ABT : Mise à part l’école coranique, j’aimais bien jouer au football. J'ai aussi un peu pratiqué des activités champêtres,  car mes oncles avaient des fermes. Celle de mon oncle paternel était dans la banlieue de Djougou et nous y allions chercher des œufs de pintades sauvages. J’en ai d’ailleurs gardé un très bon souvenir (sourire).

Je tiens mon affinité avec le monde rural de cette époque-là. Il faut dire que mon père est né à Sèmèrè et qu'il était resté très attaché à ce village à une cinquantaine de kilomètres de Djougou, dans la commune de Ouaké. J’ai d’ailleurs retrouvé dans ses archives un mémoire où il narrait son départ de Sèmèrè qu’il avait vécu comme un drame mais aussi comme une promotion sociale car seuls les meilleurs écoliers étaient à cette époque envoyés à l’école « régionale » de Djougou. 

J’allais donc de temps en temps à Sèmèrè et aussi à Dompago d'où venait ma mère.

 

ABT2011.com : Parlez nous de vos premiers pas au collège.

ABT : Je me rappelle d'abord du concours d'entrée en 6ème car il m’a permis d’entrer au Lycée Béhanzin, à Porto-Novo où n’étaient admis que les premiers du concours d’entrée en 6ème. A l'époque, en 1965, on ne parlait plus de Victor BALLOT, mais du Lycée "Béhanzin ". 

Nous étions très fiers, car dès le premier jour,  on nous disait privilégiés d’être dans cet établissement. Les "behanzinois", étaient en effet à peu près l’élite des lycéens du Dahomey. Mais cela ne nous a pas empêché de subir le fameux « bleuissement » à l'entrée. Heureusement que j’avais un « suant » qui me protégeait (Sourire).

J'ai passé mes 7 années au Lycée en régime internat. A l’époque les meilleurs des meilleurs, soit à peu près les 40 premiers, étaient retenus pour la classe de 6ème classique.  J’ai pour ma part été automatiquement orienté en moderne.  Ce ne fut donc pas un choix personnel, mais j’adorais les maths où j’excellais !

 

ABT2011.com : D'où vous vient ce goût pour les chiffres ?

ABT : Je crois que ça doit être un héritage génétique (sourire). Mon père avant moi, aimait aussi les chiffres et il a d'ailleurs été comme je vous le disais, Ministre des Finances.

Mais vous savez, j'ai aussi un penchant pour les lettres ; surtout les langues étrangères, qui m'ont notamment servi dans le domaine professionnel. 

 

ABT2011.com : Saviez-vous à l'époque que vous alliez vivre aux USA un jour ?

ABT : Non je n’avais jamais envisagé de vivre ailleurs qu’au  Bénin. En fait j’ai décliné la première occasion que j’ai eue à la sortie du centre de formation de la BCEAO ainsi que d’autres par la suite. J’ai toujours aimé les voyages mais je n’ai jamais envisagé l’expatriation. Quand je me suis par la suite expatrié c’était à chaque fois pour des raisons particulières.

 

ABT2011.com : Que pouvez-vous nous dire de la mixité et de la laïcité au Lycée. 

ABT : Le lycée Béhanzin n’était pas vraiment mixte à l'époque : ce n’était pas la politique de la maison. En fait ma première expérience de mixité remonte à ma classe de 3ème

Les jeunes filles étaient à l’époque au lycée Toffa 1er de Porto-Novo, où je me rendais les dimanches. Le fait d’y avoir deux de mes sœurs me donnait en effet, un accès privilégié (sourires).

Le Lycée Béhanzin était un bon modèle de mixité sociale et le fait d'avoir  passé 7 années ensemble, cela nous a rapprochés. On riait beaucoup avec mes copains de classe et de promotion.

Pour ce qui est de la laïcité, à Béhanzin chacun pratiquait librement sa religion. Je me souviens que le lycée nous facilitait par exemple le jeûne au cours du mois de Ramadan.

J’avais aussi de nombreux amis chrétiens et la religion était vécue comme une affaire personnelle. 

Pour moi qui viens d’une maison où nous avions aussi bien des catholiques que des musulmans,  cela allait de soi. Je dois en effet vous préciser l'exceptionnelle diversité régionale et religieuse au sein de ma famille. La 1ère femme de mon père est en effet de Covè dans le Zou et catholique. Sa 4ème femme est de Porto-Novo et nous avons grandi dans une maison où tout le monde vivait et parlait plusieurs langues et pratiquait soit le Catholicisme ou l'Islam. Ainsi Comlan, mon deuxième prénom me vient de ma belle-mère de Covè.

 

ABT2011.com : Vous souvenez-vous de certains de vos amis  et camarades du lycée ?

ABT : Oui comment ne pas m’en souvenir. Il y a Marouf avec qui nous avons passé 5 ans au lycée puis fait l’Université à Dijon. Il y a Raouf avec qui nous avions eu nos lits côte à côte de la 6ème jusqu’en 3ème. Il y a Dramane qui est aujourd’hui professeur de maths à l’Université de Calavi;  Roger qui est aujourd’hui dans les télécoms en France ou encore Bertin, un espiègle à l’époque qui vit aussi en Europe... et la liste est longue. 

Nous avons gardé des liens, mais on se voit moins pour des raisons professionnelles.

 

ABT2011.com : Comment correspondiez-vous à cette époque où le mail n'existait pas encore ?

ABT : L'avènement du mail est très récent en effet. Il n’y avait que les lettres qu’il fallait envoyer par la poste. C’était intéressant car il fallait attendre, apprendre la patience. Le téléphone n’était pas développé non plus.

C’est formidable la révolution introduite par les NTIC. Quand je vois aujourd’hui la facilité et la vitesse avec laquelle on peut communiquer et échanger sur internet !

 

ABT2011.com : En quelle année aviez-vous eu votre BEPC ? 

ABT : En 1969 : je m’en rappelle car nous étions en pleine grève scolaire et que le lycée était fermé. Nous avions eu à peine quelques jours pour nous préparer. Cette période me rappelle d'ailleurs mon professeur d’espagnol de 4eme, Monsieur Folly. Il m’a marqué car il était très jeune à l’époque et faisait aussi partie d’un groupe de jeunes diplômés qui revenaient d’Europe. Ils allaient marquer par leurs idées la grande grève que nous avons vécue.

 

ABT2011.com : 1969, c’est aussi l'année où les astronautes de la mission américaine Apollo II  ont marché sur la Lune. Aviez-vous vu cet événement historique planétaire ?

ABT : Oui, bien sûr. J’étais en vacances à Dassa-Zoume, chez mon père qui y était affecté comme sous préfet.

 

ABT2011.com : A propos des USA dans la même époque, aviez-vous entendu parler du Président Kennedy ?

ABT : Oui, la mort du Président Kennedy est l’un des événements qui m'a marqué plus tôt. C’était en 1963 et je me souviens que j'étais encore au primaire. 

Mais même au lycée, sa vision de l’Amérique et du Monde interpelait encore ma jeune conscience. M. Kennedy était incontestablement de la trempe des grands leaders. Il avait une vision et de la méthode. Aujourd’hui encore, je peux vous réciter en anglais son discours de prestation de serment.


ABT2011.com : Quels étaient vos loisirs de collégiens ?

ABT : Je suis entré dans un club en 1ère puis en ai pris la direction en terminale. Je me suis mis au basket-ball et j’ai continué avec le Football mais je n'étais pas aussi doué que mon grand frère Idriss qui a joué avec GASAPA, l’équipe de football du Lycée Béhanzin. Il a d’ailleurs par la suite évolué pour devenir le capitaine des Dragons de l’Ouémé et de  l’équipe nationale de football du Bénin. C'était une fierté pour la famille.

J’ai aussi continué à jouer à la belotte, qui comme vous pouvez l’imaginer, me rappelait mon père. Je ne voyais mes parents à l'époque que pendant les vacances ou alors quand ils me rendaient visite à mon lycée. Mais cette séparation m'a aussi permis de connaître de nombreuses localités du Bénin. En effet, pendant les vacances, mon temps était partagé entre les voyages à l’intérieur du Bénin, le football et la belote. Du fait des affectations de mon père, j'ai eu la chance de vivre non seulement à Djougou et à Porto-Novo, mais aussi CotonouParakouDassa-ZouméTanguiéta ou Kétou

J’avais aussi d’autres centres d'intérêts, comme la musique, le jeu d’échecs ou encore les « parties », c’est-à-dire des soirées dansantes que nous organisions avec les amis. A l'époque nous écoutions pour ainsi dire, surtout de la Musique Africaine, mais aussi Noire Américaine.

 

ABT2011.com : Aviez-vous continué à aimer la bouillie de mil au lycée et ainsi éloigné de votre mère ?

ABT : Bien sûr ! Comme je vous le disais, j’aime encore à ce jour, la bouillie de mil. Mais au lycée, j’aimais bien aussi la pate de gari, le « Eba » (Sourire).  

 

 ABT2011.com : En quelle année avez-vous eu votre Baccalauréat, et quels souvenirs en gardez-vous ?

ABT : J’ai eu mon baccalauréat en 1972. C’était assez stressant comme passage, car il n’était pas question de le rater. D’une part en effet, j’étais parmi les meilleurs de  ma classe et donc un échec aurait été une catastrophe et d’autre part, parce que j’étais comme, certains amis, pressé de commencer l’Université que nous entrevoyions comme un espace de liberté. 

J’avais un groupe de travail composé de quelques camarades avec qui  nous révisions les épreuves surtout de mathématiques et de physique. Vu que je me débrouillais plutôt bien avec les maths comme je vous le disais, j’ai naturellement continué vers la série « C », pour laquelle les mathématiques constituaient la principale matière.

J’ai eu une mention « Assez bien » et avec le recul, je crois que je peux me définir comme un enfant privilégié. En effet, tout au long de ma scolarité, j’ai eu la chance de bénéficier aussi bien dans ma famille qu’à l’école d’un encadrement de qualité. Et je le reconnais, c’est une chance.

Il faut préciser que cette réussite a fait aussi la fierté de mes parents et surtout de mon père qui a financé totalement mes études secondaires car il était dans une tranche de revenus qui ne me permettait pas d’être boursier au lycée.

 

ABT2011.com : Aviez-vous à cette époque changé d'avis sur ce que vous vouliez faire comme métier ?

ABT : Non, je voulais toujours diriger une entreprise. Il faut dire que cette idée ne m’a pas quitté depuis le primaire, et s’est au contraire renforcée au Lycée. On peut dire que j'ai été tenace sur la question.

 

ABT2011.com : L’année de votre Bac est historique au Bénin. Le 26 octobre 1972, il y a eu la Révolution : Où étiez-vous ?

ABT : J’étais déjà en France après mon baccalauréat.

A l’époque comme la plupart des étudiants,  nous avions acclamé la révolution. Et nous attendions avec enthousiasme les nouvelles des décisions salutaires que prenait le gouvernement.

Une anecdote marque pour moi la révolution : j’avais, un an avant la révolution, réussi à l’examen du permis de conduire en 1971 et toutes les démarches entreprises pour recevoir ma carte avaient été vaines. Avec l’avènement du GMR [NDLR : Groupement Militaire Révolutionnaire] j’ai donc écrit au nouveau ministre pour me plaindre et quelle ne fut pas ma surprise de recevoir dans mon courrier quelques semaines après, sa réponse… avec mon permis. Cette leçon m’est restée et m’a inspiré 26 ans après quand j’ai intégré le Gouvernement KEREKOU.

 

ABT2011.com : ABT, maintenant, nous allons vous donner pêle-mêle quelques noms de personnalités publiques et vous allez nous dire en quelques mots si vous les avez connu ou croisé au Lycée.

Connaissiez-vous à l’époque Me Adrien Houngbedji ?

ABT : Non, pas du tout à l’époque car il a fait lui, le Lycée Victor Ballot plutôt ; c’est-à-dire avant nous et le changement d’appellation.

 

ABT2011.com : M. Nicéphore Soglo ?

ABT : Oui, mais pas personnellement.

 

ABT2011.com : M. Pascal Koukpaki ?

ABT : Oui,  il avait un an sur moi.

 

ABT2011.com : M. Idriss Daouda ?

ABT : Non, du tout à l’époque.

 

ABT2011.com : M. Yayi Boni ?

ABT : Non, je crois qu'il a dû faire le Lycée Mathieu Bouquet de Parakou.

 

ABT2011.com : M. Yacouba FASSASSI ?

ABT : Oui, en classe de première. Il venait du Gabon.

 

ABT2011.com : Une autre personne publique actuelle ?

ABT : Je connaissais bien le Dr Tchalla : un homme courageux. Il avait eu une grave fracture du bras et avait dû réapprendre à écrire de la main gauche, ce qui ne l’a pas empêché de réussir brillamment par la suite.

 

ABT2011.com : Avez-vous des regrets, de la nostalgie de cette époque ?

ABT : Non, je n’ai aucun regret.  Nostalgique de mes années de lycée, certainement. En fait je vivais chacun de mes départs du lycée pour les vacances comme un véritable deuil.

 

ABT2011.com : Pour finir avec cette époque de votre vie, qui recouvre 20 ans, quel bilan pouvez-vous faire ?

ABT : D’évoquer ces souvenirs avec vous, (l'occasion ne m'a presque pas été donnée, vu que mes camarades et moi sommes dispersés aujourd’hui pour des raisons professionnelles) Je peux dire que j’ai eu une enfance heureuse, et que j’ai grandi dans un cadre rigoureux. J’ai eu beaucoup de chance comme je l’ai souligné, d’avoir eu un cadre familial et scolaire qui m’ont enseigné la rigueur et le travail, surtout le travail bien fait. Mon père me disait : « tu peux faire ce que veux, mais sois le meilleur dans ce que tu choisis ». Et c’est aussi ce que j’ai retenu de l’école des sœurs catholiques de Djougou, de mon Maître coranique et enfin du Lycée Béhanzin de Porto-Novo, le meilleur du Dahomey à l’époque.

Mes parents m’ont enseigné des valeurs morales, parmi lesquelles l’intégrité, l’humilité, le sens de l’honneur et du respect de la parole donnée. L’école a ajouté à cet enseignement, le sens de l’amitié et de la solidarité. Peut-être aussi le sens de l’humour (sourire).

J’ai retenu aussi du Lycée, qu’il y a un temps pour faire chaque chose, et que chaque chose doit être faite en son temps…

 

ABT2011.com: Nous vous remercions d'avoir accepté de répondre à notre interview.

ABT : C'est plutôt vous que je dois remercier pour votre initiative. Vous avez réveillé en moi de grands souvenirs. (Sourires).




En résumé : ABT de 1952 à 1972…

 

Certains traits de caractère d’un individu se constituent dès son plus jeune âge.  C’est ce qui pourrait par exemple expliquer la discrétion d’Abdoulaye Bio Tchané, sur sa vie extra-professionnelle, malgré l’excellence de son chemin professionnel. Son éducation confessionnelle, influencée par une culture musulmane et doublée d’une étroite cohabitation avec le monde catholique (notamment au sein de son cadre familial et au cours de son cursus scolaire), lui auront sans doute enseigné l’humilité et le sens de la tolérance. ABT a dû faire sienne, cette citation de Albert Einstein: « Le culte de la personnalité reste à mes yeux toujours injustifié » (Comment je vois le monde, 1989 chez Flammarion) .

Cet entretien, nous aura permis à nous, de découvrir ABT sous de nouveaux angles :

  • Un enfant très attaché à sa famille et ouvert sur son environnement (sa maison familiale était au cœur d’un marché ; son père, instituteur puis administrateur, le berçait de politique en ces temps d’indépendance…)
  • Un enfant élevé avec rigueur, mais qui était tout de même joueur (il adorait l’école, synonyme de jeux, et garde en mémoire ses parties de belotte avec son père…)
  • Un enfant qui a su très tôt ce qu’il voulait faire dans la vie (gérer…), qui appréciait la vision d’un certain Kennedy « pour l’Amérique et pour le Monde » ; et qui a su s’accrocher à ses rêves pour leur donner une existence. « Il n'est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va» dirait Sénèque,
  • Le lycéen ABT a continué à renforcer cette personnalité déjà si équilibrée. Il a ajouté à la rigueur, de la méthode et est devenu un peu plus travailleur, mais en gardant son sens de l’amitié et de la solidarité. Son esprit « joueur » s’est enrobé d’un sens subtil de l’humour, dont on ressent encore à ce jour les traits. C’était au Lycée Béhanzin, véritable pépinière de l’élite dahoméenne d’alors, modèle réduit du Bénin d’aujourd’hui, où se côtoyaient toutes les couches sociales, toutes les confessions, dans une tolérance exemplaire.
  • Le jeune bachelier ABT, n’a pas oublié, l’espoir suscité par la révolution de 1972, et a retenu la leçon d’une efficacité de la nouvelle administration qui lui a débloqué son permis de conduire, aussi vite qu’il ne lui était possible d’imaginer.

Nous espérons vous avoir éclairé un peu plus sur l’Homme, ou du moins, vous avoir donné l’envie d’en savoir plus.

 

Copyright © Entretien réalisé par L’équipe du site www.ABT2011.com – Août 2009


A lire aussi : Entretien n° 2

Interdiction préfectorale des marches de protestation: entre ignorance des textes et abus zélé de pouvoir

publié le 23 juil. 2009 00:38 par ABT 2011.com   [ mis à jour le·3 sept. 2009 04:41 ]

Dans un contexte global partagé entre le désespoir grandissant des ménages dont les conditions de vie peinent à s’accommoder des hausses continues de prix, et les perpétuelles tentatives de justification des soupçons (parfois confirmés) de malversations financières de la part des autorités civiles et même militaires, qui excellent désormais en monologues oratoires prosaïques, le peuple a tendance à recourir au moyen traditionnel de la protestation.

Le droit constitutionnel aux manifestations publiques, édicté à l’Article 25 de la Constitution béninoise, a récemment été remis en cause par décisions du Préfet du Littoral-Atlantique, Mr Jules Honorat Hêssou, par deux fois, contre un parti politique et contre des syndicats.

En effet, la marche prévue par les syndicats dans leur ensemble le 21 juillet 2009, a été interdite par le Préfet (Arrêté préfectoral n°2/151/Dép-Atl-Litt/Sg/Stccd/D3) aux motifs de prévention de troubles à l’ordre public.

Le flou juridique propice à une mal compréhension et une application viciée des textes, nécessite que soient précisés le régime des manifestations publiques dans notre ordre juridique interne, et les pouvoirs de police administrative du préfet.


1- Le régime de la liberté de manifestation


Consacrée et garantie par l’article 25 de la loi fondamentale béninoise, la liberté de manifestation rentre donc dans le cercle protégé des libertés publiques.

L’exercice des libertés publiques obéit à deux régimes particuliers.

D’une part le régime contraignant de l’autorisation préalable, qui impose à toute personne d’obtenir un agrément préalable de l’autorité compétente avant l’exercice de cette liberté. Dans cet ordre d’idées, la liberté de s’exprimer par le biais d’un organe de presse qui est soumis à l’agrément préalable de la HAAC en l’espèce et justifié par le caractère « dangereux » que peut revêtir l’information selon qu’elle est orientée dans ce dessein.

La restriction des libertés publiques par l’instauration d’un régime d’autorisation préalable est du ressort de la loi qui en définit clairement les contours et sphère d’application.

Tout exercice d’une liberté soumise à autorisation préalable en violation de l’obligation pesant sur son titulaire, expose ce dernier non seulement à l’interdiction mais aussi à une sanction par les autorités compétentes.

D’autre part, le régime de déclaration préalable, préféré en raison de la lourdeur administrative pour les libertés publiques, qui laisse présumer la bonne foi des titulaires et les rend ainsi passibles de sanctions en cas d’abus dans l’exercice de leurs libertés.
Le titulaire de la liberté publique est ici seulement tenu d’informer l’autorité compétente du projet d’exercice de sa liberté, quitte à en assumer les conséquences répressives en cas d’abus.

Cette autorité qui dispose d’un pouvoir d’appréciation sur l’information dispose néanmoins du pouvoir d’intervenir sur l’exercice de ladite liberté.

La liberté de manifestation exercée par les syndicats, dont l’objet est la défense des intérêts des travailleurs (donc renforçant la liberté publique) et qui a buté contre le refus de l’autorité préfectorale en l’espèce, appelle quelques précisions.

En droit interne béninois, la constitution demeure la norme suprême, et la loi qui lui est inférieure et soumise, ne peut intervenir pour restreindre des libertés publiques expressément garanties par elle, que dans des conditions elles mêmes conformes à la constitution.

Soumettre la liberté de manifestation à un strict régime d’autorisation préalable, reviendrait à soumettre sa sœur jumelle de libre circulation des personnes à une obligation de permission d’aller et venir pesant sur tout individu. On devrait donc demander la permission à nos autorités communales et centrales pour sortir acheter du pain.

A défaut donc d’une loi définissant les critères d’exercice du droit à manifestation, il ressort qu’il s’agit donc d’un régime de déclaration préalable.

La notification de la marche adressée par les syndicats à l’autorité communale correspond donc à une formalité déclarative et non à une demande de permission d’exercice de la liberté de manifestation.

Si le principe absolu des manifestations en République du Bénin était d’obtenir une autorisation préalable, il eut fallu que l’on condamnât la légendaire « marche verte contre la corruption » menée spontanément par le Chef de l’Etat, et qui a drainé dans les artères de la ville une foule appelant et soutenant la lutte contre la corruption.

Aucune même simple déclaration n’a été faite auprès des autorités communales du désir à saluer, du Chef de l’Etat de marcher contre la corruption. Cette marche a répondu aux critères de la spontanéité et du rassemblement progressif. Le Chef de l’Etat et dans une plus large mesure les participants se seraient donc rendus coupables d’une violation de la loi. Cette excellente et révélatrice manifestation de la liberté publique de manifestation, ne devrait pas être l’apanage d’une personne ou d’un groupuscule de partisans.

Nous comprenons qu’un flou juridique des textes liés à l’ordre public en notre pays, laisse la porte ouverte à des interprétations imprécises et parfois orientées voire teintées d’impartialité et d’abus.

2- Les pouvoirs de police administrative du Préfet en matière d’ordre public

Bien qu’ayant une finalité informative, la notification préalable peut subir des traitements différents par l’autorité communale.
Elle peut se borner à prendre acte de la déclaration ou émettre des réserves destinées à permettre au mieux l’exercice de la liberté de manifestation, dans le respect des droits des tiers au respect de l’ordre public.

A cet effet, le Préfet, autorité déconcentrée de l’Etat, autorité de tutelle directe du Maire, et détenteur initial au niveau départemental du pouvoir de faire respecter l’ordre public, peut prendre des dispositions pour que l’exercice effectif de la liberté de manifestation ne constitue pas un trouble à l’ordre public.

En matière d’ordre public (salubrité – sécurité – tranquillité – bonne mœurs - dignité humaine) il existe une concurrence au niveau communal entre les pouvoirs de police administrative du Maire et ceux du Préfet. Les deux autorités demeurent toutes investies du devoir de maintenir l’ordre public, et le Maire a le droit et le devoir de requérir l’assistance et l’intervention du Préfet pour le maintien de l’ordre public, de même que le Préfet dispose du droit de s’autosaisir d’un risque manifeste de trouble à l’ordre public.

La police administrative correspond à l’activité destinée à prévenir les troubles à l’ordre public et est définie par opposition aux activités de police judiciaire, par le fait qu’elle a un caractère préventif du trouble.

En dehors donc de circonstances et antécédents similaires il est difficile de prévoir par avance un risque manifeste de trouble.
Si au niveau départemental la préférence de police administrative est faite au Préfet, il demeure que le ressort territorial de la Commune laisse priorité au Maire.

L’article 25 fait obligation à l’Etat (donc par le biais du Préfet) de « reconnaître » et « garantir » la liberté de manifestation.

Si à l’information du Maire de Cotonou Mr Nicéphore Soglo en l’espèce, ce dernier estime qu’il existe des risques manifestes de trouble à l’ordre public, il dispose du droit et non de l’obligation de déférer son appréciation à la connaissance du Préfet, qui par avis motivé peut décider de prendre les mesures adéquates à la prévention de tout trouble.

Le Préfet Hêssou, ne peut prendre personnellement la décision d’intervenir sur une manifestation dans une commune, au-delà du Maire, que lorsqu’en face d’un risque de trouble manifeste, il a préalablement mis le Maire en demeure de prendre les mesures adéquates et que la carence de ce dernier ne lui laisse pas autre choix.

Par mesures adéquates à la prévention des troubles, il ne faut pas entendre comme le Préfet Jules Honorat Hêssou, autorité déconcentrée de l’Etat, donc hiérarchiquement soumis au Ministre, interdiction absolue de la marche litigieuse.

En effet, l’interdiction est prononcée par le Maire ou le Préfet que dans la mesure où elle est le seul moyen de prévenir l’atteinte à l’ordre public. Le traitement des restrictions à la liberté de manifestation répond à une gradation des mesures au terme desquelles l’interdiction.

Le Préfet Hêssou en l’espèce disposait notamment par exemple, en respect de l’article 25 de la Constitution, de la possibilité et du devoir d’encadrer la marche litigieuse par les forces de sécurité publique, de manière à éviter tout débordement, mais il est surprenant que le raccourci de l’interdiction pure et simple ait été préféré.

L’avis motivé du Préfet pour interdire une marche peut par exemple se baser sur un antécédent de trouble observé dans des conditions similaires, ou lorsque le contexte local est fortement imprégné d’hostilité et nous n’avons pas souvenir d’un trouble à l’ordre public tant pour la « marche verte » sus-citée, que pour les multiples marches de soutien organisées par et pour les partisans du parti au pouvoir, ou encore même lors de la marche des partis dits de l’opposition non déclarée concernant le paiement de primes de santé.

Dans d’autres départements, pourtant sous le coup d’interdictions générales de manifestations, on est régulièrement témoin de marches de soutien ayant pour point de chute la préfecture, où les participants sont reçus par le Préfet s’il n’en fait pas partie, et où les motions de soutien sont lues et remises à ce mandataire spécial qu’est le préfet, qui a au préalable par arrêté interdit toute manifestation publique sur le territoire du département.

Cette décision d’interdiction de la marche syndicale est d’autant plus surprenante quand on sait que les forces de sécurité publique ont été fortement déployées pour s’assurer que l’interdiction est respectée. Ces mêmes forces de l’ordre auraient pu être déversées au profit de l’encadrement de la marche interdite.

Si la paternité de la décision de l’interdiction est d’office attribuée au Préfet Hêssou, autorité déconcentrée de l’Etat, la chaîne des responsabilités doit remonter la chaîne hiérarchique, car le Préfet n’est pas libre de prendre des décisions sans en référer ou en reporter à sa hiérarchie.

Face à ces situations disparates de traitement selon que le Préfet est un « fan » ou non des marcheurs, l’on se demande si cette politique du deux poids-deux mesures, est la conséquence de l’imprécision ou de l’ignorance des textes, ou tout simplement d’une volonté délibérée de zèle menant à des abus.


Nourou-Dine SAKA SALEY

Juriste

Publié le 7/23/2009 03:36:00 AM à l'adresse :

http://myreadineblog.blogspot.com/2009/07/interdiction-prefectorale-des-marches.html


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