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Mars 2011

Lutter contre la corruption : un impératif pour le développement du Bénin dans l'économie internationale - Par Abdoulaye Bio Tchané (2000)


Abdoulaye Bio Tchané
(ABT) s'y connait en matière de lutte contre la corruption. Il l'a prouvé au cours de son parcours riche et diversifié. Afin que vous puissiez vous en rendre compte, voici quelques documents que nous avons compilé pour vous.

Mais avant, nous vous proposons, de larges extraits du livre de ABT : LUTTER CONTRE LA CORRUPTION - Un impératif pour le développement du Bénin dans l'économie internationaleC'est un livre co-écrit avec Philippe MONTIGNY en l'an 2000 et qui fait 321 pages (C'est du lourd !).

Sacha Guitry disait : « Lorsqu'on interroge le passéil répond présent ! »


L'équipe ABT2011


Extrait du livre : LUTTER CONTRE LA CORRUPTION - Un impératif pour le développement du Bénin dans l'économie internationale





Lutte contre la corruption et lutte contre le blanchiment d’argent

Le point de vue d’Abdoulaye Bio Tchané - Directeur Afrique, Fonds Monétaire International (Washington) - 01/2007

Longtemps nos sociétés ont sous-estimé les conséquences destructrices de la corruption. Les récents travaux de l’Institut de la Banque mondiale mettent aujourd’hui clairement en évidence le lien qui existe entre le niveau de corruption et celui de la pauvreté pour tout un ensemble de raisons : détournement de fonds publics, constitution d’une économie de rente, distorsion de la concurrence, frein aux investissements… Mais la corruption, plus encore qu’un cancer économique, est un cancer politique. Quand elle touche les plus hautes sphères de l’Etat, la corruption décrédibilise l’autorité publique de ceux qui sont en charge de la destinée d’un pays et, brisant les relations de confiance entre les citoyens et leurs institutions, sape les fondements même de la société. La corruption ouvre alors la porte à l’instabilité politique, aux tensions sociales, aux rivalités ethniques jusqu’aux guerres civiles. En Afrique, la corruption politique est d’autant plus destructrice qu’elle frappe des pays aux structures administratives peu aguerries, aux ressources limitées et aux équilibres économiques fragiles.

Devant ce constat, la lutte contre la corruption est dès lors devenue un chantier important des institutions chargées du développement. Elle est au cœur des priorités des institutions de Bretton Woods. La Banque mondiale s’est fixée une double mission : d’une part, de traquer les pratiques corrompues dans l’exécution de ses contrats et, d’autre part, intensifier son appui technique aux actions entreprises par les gouvernements pour lutter contre la corruption. Le Fonds monétaire international, de son côté, s’attaque de façon résolue à l’autre versant de la corruption : le blanchiment. Car une fois que les pots-de-vin ont été versés au moyen de mécanismes financiers ayant permis de sortir de l’argent des comptes publics des entreprises et d’en constituer le caractère occulte, les destinataires ont besoin de réintroduire ces montants dans les circuits financiers officiels. En mettant en place des contrôles sur les flux financiers et en améliorant la traçabilité de ceux-ci, les politiques et mesures anti-blanchiment rendent plus difficile l’utilisation des pots-de-vin. Plus encore, ces dispositifs de surveillance font désormais courir à la personne corrompue un deuxième risque : au délit de corruption parfois difficile à traquer, vient s’ajouter le délit de blanchiment plus difficile à dissimuler en raison de la vigilance accrue des institutions bancaires.

Au-delà du moyen concret de lutte contre le recyclage des produits d’activités illégales ou de leur financement (corruption, trafics illicites, terrorisme…) la lutte contre le blanchiment fait partie des missions fondamentales du Fonds qui a pour objet de contribuer à la stabilité du système monétaire international, stabilité qui exige que les acteurs économiques aient une pleine confiance dans la rigueur et la transparence des institutions financières. En luttant contre la corruption et contre le blanchiment qui lui est associé, le Fonds contribue directement à l’amélioration des conditions macro-économiques favorisant l’investissement, la croissance et le développement. Aussi, devant l’importance de cet enjeu, le Conseil d’administration du Fonds at-il décidé en mars 2004 que les évaluations des dispositifs anti-blanchiment et les activités d’assistance technique associées feraient désormais partie intégrante des travaux du FMI qui n’a, depuis cette date, cessé d’intensifier son action dans ce domaine.

Par Abdoulaye Bio Tchané - Janvier 2007




EXTRAIT DE L'INTERVIEW AVEC LE PRESIDENT ALLEMAND HORST KöHLER SUR L’INITIATIVE DE PARTENARIAT AVEC L’AFRIQUE


« ZEIT: Des économistes radicaux africains comme James Shikwati, originaire du Kenya, réclament que l'on mette immédiatement un terme à cette aide épouvantable qui ne fait que renforcer la corruption, la dépendance et l'inaction.

Köhler: Aider n'est pas une erreur mais d'abord un devoir d'humanité. Là où l'aide produit de mauvais effets, il faut la corriger. C'est ainsi que je vois les choses. Cela veut dire pour moi qu'il faut dire aux Africains ce que l'on attend d'eux: qu'ils soient plus efficaces, plus crédibles et qu'ils luttent avec une plus grande détermination contre leur mauvaise gestion économique. Car il serait terrible de voir davantage d'aide et de commerce de notre côté ne pas rencontrer davantage de détermination, de transparence et de sincérité du côté africain.
Le problème crucial de la pauvreté en Afrique est, si vous voulez, effectivement d'une certaine façon fait maison. Nous pouvons en revenir sans cesse au colonialisme mais, aujourd'hui, nous avons indéniablement affaire à des États souverains. C'est pourquoi il importe qu'ils reconnaissent leur propre responsabilité et pourquoi il est nécessaire qu'ils veuillent agir.

ZEIT: Mais ne faudrait-il pas s'attaquer encore plus durement aux élites corrompues?

Köhler: Il faut être parfaitement clair. Mais il ne faut pas non plus s'ériger de nouveau en patron de l'Afrique. Malheureusement, il y a aussi, en Afrique, trop de cas de corruption dans lesquels des pays industrialisés sont eux aussi impliqués, par l'entremise d'affairistes privés, et parfois même de la politique. En Afrique même, le problème de la corruption est de plus en plus reconnu. La société civile en particulier le combat. Nous devons la soutenir.

Lorsque je travaillais au FMI, j'avais fait venir dans ma direction Afrique l'ex-ministre des finances du Bénin, Abdoulaye Bio Tchane. Il s'est préoccupé à fond de la lutte contre la corruption en Afrique et il a écrit sur ce sujet un livre très intéressant.

C'est lui qui m'a appris combien le tribalisme complique les choses en Afrique. Souvent, l'intégrité de l'État ne peut être maintenue que si l'on donne quelque chose en échange aux différentes ethnies. En Afrique, cela se fait en partie encore sous la forme de fonds provenant de l'aide au développement. Il est très difficile de conserver l'intégrité d'États qui se composent de 200 tribus.
Mais je ne veux pas non plus me rétracter: nous devons adopter un langage sans équivoque pour nous adresser aux pays bénéficiaires. On a encore beaucoup trop recours à une fausse conception de la diplomatie.
 »

Par le journal Allemand DIE ZEIT - Interview : Horst Kohler - 18.09.2006


Abdoulaye Bio Tchané - Editorial de Camille AMOURO

« Il [NDLR : ABT] nettoie ensuite son propre ministère et instaure un climat de travail basé sur la reconnaissance et l'encouragement des meilleurs, la sanction absolue des fautes. Tout ceci aurait l'air si simple pour quiconque a les notions nécessaires du management si ce n'était pas dans un pays où la corruption, le népotisme et la suspicion permanente étaient les règles absolues de la bonne conduite des administrateurs.

Sur le plan technique, cette façon de travailler en équipe a abouti, selon les spécialistes, à un assainissement des finances du Bénin et à une croissance stable.»

Par Camille AMOURO dans Battre la campagne pour chasser les mythes EDITORIAL : Abdoulaye Bio Tchané - 23.01.2002


Abdoulaye Bio Tchané : The wanted number 2011

« Ministre de l’Économie et des finances, le Président de la BOAD a montré aux Béninois qu’il était un ministre qui connaissait ses dossiers et qui suscitait respect et admiration. Son ouvrage «LUTTER CONTRE LA CORRUPTION - Un impératif pour le développement du Bénin dans l'économie internationale », ouvrage publié en 2000 en collaboration avec Philippe Montigny, n’a fait que  renforcer tout le capital crédit qu’il avait aux yeux des Béninois. Dans cet ouvrage, le ministre a expliqué qu’il n’y a pas d’autre alternative à la bonne gestion des affaires publiques et privées et que la lutte contre la corruption était incontournable.»

Par Patient ATCHO dans Abdoulaye Bio Tchané : The wanted number 2011 - 14.09.2009